ÉLÉGIE XXXVI
O Nécesûté dure! ô pesant esclava^!
O Sort! je dois donc voir, et dans mon plus bel âge, Flotter mes jours, tissus de désirs et de pleurs, Dans ce Qux et reflux d'espoir et de douleurs!
Souvent, las d'être esclave, et de boire la lie
De ce calice amer cpie Pon nomme la vie ;
Las du mépris des sots qui suit la pauvreté,
Je regarde à la tombe , asile souhaité ;
Je souris à la mort voloutaire et prochaine;
Je me prie, en pleurant, d'oser rompre ma chaîne.
Le fer libérateur qui percerait mon sein
Déjà frappe mes yeux, et frémit sous ma main ;
Et puis mon cœur s'écoute et s'ouvre à la faiblesse:
Mes parens, mes amis, l'avenir, ma jeunesse.
Mes écrits impar&its; car, à ses propres yeux,
L'homme sait se cacher d'uu voile spécieux.
A quelque ooir destin qu'elle soit asservie,
D'une étreinte invincible il embrasse la vie.
Et va chercher bien loin, plutôt que de mourie.
Quelque prétexte ami de vivre et de souffrir.
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Il a souffert , il. souffre ; aveugle d'espérauce ,
Il se traîne au tombeau de souffrance en soufïrance;
£t la mort, de nos maux ce remède si doux,
Lui semble un nouveau mal, le plus cruel de tous.
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