‹ Œuvres posthumes d'André Chénier, augmentées d'une notice historiqueChapitre 68 sur 99 · Pérille. (Jiote de l'Éditear · texte numérisé non relu

Pérille. (Jiote de l'Éditear

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ELEGIES. 24t

B'un peu d'aveuglement n'ait point su se défendre, (Car mon cœur est si bon, et ma muse est si tendre!) Je vins à vos genoux., en soupirs caressans, D'un vers adulateur vous prodiguer l'encens : De vos regards éteints la tristesse chagrine Fut bientôt dans mes vers une langueur divine ; Ce corps Quet, débile, et presque inanimé.

En un corps tout nouveau dans mes vers transformé, S'élançait léger, souple; ils vous portaient la vie; Des Nymphes , dans mes vers , vous excitiez l'envie. Que de fois sur vos traits, par ma Muse polis, Ds ont mêlé ta rose au pur éclat des lis, Tandis qu'au doux réveil de l'Aurore fleurie Vos traits n'offraient aux yeux qu'une pâleur flétrie, Et le soir , embellis de tout l'art du matin , N'avaient de rose, hélas! qu'un peu trop de carmin! Ces folles visions, des flammes dévorées, Ont péri, grâce aux Dieux, pour jamais ignorées. Sur la foi de mes vers mes amis transportés Cherchaient partout vos pas, vos attraits si vantés, Vous voyaient, et soudain , dans leur surprise extrême, Se demandaient tout bas si c'était bien vous-même; Et , de mes yeux séduits plaignant la trahison , M'indiquaient l'ellébore, ami de la raison.

Quoi! c'est là cet objet d'un si pompeux hommage? Dieux ! quels flots de vapeurs inondent son visage !

ŒDTrea poatliames. l6

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a4a ELEGIES.

Ses yeux si doux sont morts; tiïe croit qu'elle vit; Esculape doit seul approcher de son lit; Et puis tout ce qu'en 'vous' je l^ur montrais de grâce N'était rien à leurs yeusque &rd'et que grimace. Je devais avoir honte ; ils ne concevaieot pas Quel charme si puissant m'attirait dans vos bras. DAns vos bras! qu'ai-jedit? Oh non! Vénus avare Ne m'a point fait un don qui iîit toujours si rare. Si' je l'ai cru loog-tems, après votre'serment Je vous crois; et jamais une belle ne moit:

Jamais de vos bontés la confidente* amie Ne vint m'ouvrir la nuit nne porte endormie, Et jusqu'au lit de pourpre en cent détours obscurs Guider ma main errante à pas muets et sûrs.

Je l'ai cm: pardonnez; mais ce sera, je pense... Oui, c'est qu'à mon sommeil, plein de votre présence, Un songe officieux, en&nt de mes désirs.

M'apporta 'votre image et de vagues plaisirs. Cette faute à vos yeux doit s'excuser peut-être; Héme on cite un ingrat qui irons ta fit ctHn'meltre.

Adieu! suivez le cours de vos nobles travaux : Cherchez, aimez, trompez mille impmdëns rivaux. Je ne leur dirai point que vous êtes perfide; Que le plaisir de nuire est le seul qui vous guide; Que vous êtes plus tendre, alors qu'un noir dessein, Peur troubler leur repos, veille dansvotre sein;

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Mais ils sauront bientôt, honteux: de leur faiblesse, Quitter avec opprobre une indigne mnitresse.

Vous pleurerez; et moi j'apprendrai vos douleurs Sans même les entendre, et rirai de vos pleurs.

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