‹ Œuvres posthumes d'André Chénier, augmentées d'une notice historiqueChapitre 70 sur 99 · Espèce de upiu · texte numérisé non relu

Espèce de upiu

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KLEGIES. ni

Salut! de la Nature admirables caprices, Où les bois., les cités , pendent en précipices ! Je veux, je veux courir sur vos sommets touffus; ]e veux, jouet ernint de vos sentiers confiis, Foulant de vos rochers la mousse insidieuse, Suivre de mes chevreaux la trace hasardeuse; £t toi, grotte escarpée et voisine des Cieux ', Qui d'un ami des saints fus l'asile' pieux, Voûta obscure! où s'étend et chemine en »lence L'eaU' qui de roc en roc bientôt fbît et s'élance, Ah! sous tes murs sans doute, uo cœur trop agité Retrouvera la joie et la tranquillité-!

I. An lud-est du Va[id-Flu«,moatagne située dam le canton de Berne, OD aperçoit, des borda du lac de Thoua, le fameux nuu de Saint-Béat ou da Saùit-Bat, remarquable par aes ■latictiles. Cette caverne qui porte buhI le nom de £ealen-Hohie(^cayeTDedu&éat), est fort grande, et s'ëtève de plus de cent pieds sur l'horizon du lac. Elle est dtiitée par ta Nature ax phuîenn dkambrcs : aussi est-ce nne tradidoD- bien établie dans k omlon- qu'elle.* été hlbilée par Saint-B^t, gentilhamme anglais, ipi j finit ses jours, après j avoir yéca lon^tems dana l'abstinence. Il sort de cette caverne un ruiueau considérable, nommé le Beaten-Sach (rauieaa du Béat), qnrtonlie d'enrircn oinqinnte pieds sur de» rocbw à pic, plac^ sur les bords dn l»e de lliaun, d'où TeMi retombe ensuite tout d'un jet dans le lac. Ce site est sans contredit l'un des plus romantiques des treize cantons; on peut s'en former une idée dans le n" 29 des Fuet de la Suisse. ( Note de l'Ê^teur. )

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FRAGMENS

Tel j'étais autr^ois, et tel je suis encor.

Quand ma main imprudente a tari mon trésor; Quand, la nuit, accourant, au sortir de la table. Si Fanny m'a fermé le seuil inexorable, Je r^agne mon toit. Là, lecteur studieux.

Content et sans désirs, je rends grâces aux Dieux. Je crie : a O Soins de l'homme ! Inquiétudes vaines! « O que de vide, hélas! dans les choses humaines! a Faut-il ainsi poursuivre, au hasard emportés, o Et l'argent et l'amour, aveugles déités! »

Mais, si Plutus revient de sa source dorée Conduire dans mes mains quelque veine égarée ; A mes signes, du fond de son appartement, Si ma blanche voisine a souri mollement ; Adieu les grands discours, et le volume antique, Elle sage lycée, et l'auguste portique!

Et reviennent en foule, et soupirs et billets, Soins de plaire, parfums, et fêtes, et banquets, Et longs regards d'amour, et molles élégies, Et jusques au matin amoureuses orgies.

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Eh bien ! je le voulais : j'aurais bien dû me croire. Tant de fols à ses torts je cédai la victoire ! Je devais une fois , du moins pour la punir, Tranquillement l'attendre, et la laisser venir: Non; oubliant quels cris, quelle aigre impatience Hier sut me contraindre à la fuite, au silence, Ce matin, de mon cœur trop tacile bonté!

Je veux la ramener sans blesser sa fierté; J'y vole; contre moi je lui cherche une excuse; Je viens lui pardonner; et c'est moi qu'elle accuse! C'est moi qui suis injuste, ingrat, capricieux; Je prends sur sa faiblesse un empire odieux.

Et sanglots, et fureurs, injures menaçantes; Et larmes, à couler toujours obéissantes; Et, pour la paix, il faut, loin d'avoir eu raison, Confus et repentant, demander mon pardon.

Les esclaves d'Amour ont tant versé de pleurs ! S'il a quelques plaisirs, il a tant de douleurs! Qu'il garde ses plaisirs : dans un vallon tranquille Les Muses contre lui nous offrent un asile:

Les Muses, seul objet de mes jeunes désirs, Mes uniques amours, mes uniques plaisirs !

L'Amour n'ose troubler la paix de ce rivage:

Leurs modestes regards ont, loin de leur Fait fuir ce dieu cruel, leur légitime effroi.

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a54 «LÉGIES.

Chastes Muses! veillez, veillez toujours sur moi.

Mais non,le dieu d'Âmourn'flstpoiDt l'effroi de&MusesI Elles cherchent «es pas, elles aim«it ses ruses. Le ccBur qui n'aimerrien a- beau les implorer: Leur troupe, qui s'enfuît, ne v«ut pas Tiospirer. Qu'un anuDt. les invoque; et sa voix les attire. C'est ainsi que toujours elles montent ma lyre. Si je chante tes Dieux ou lee-hétos, soudain Ma langue ihalbutie, et se travaille-en vain; Si je chante 1! Amour, .ma chanson d'elle-même S'écoule-de ma boucbe,,et vole àce que j'aime.

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