‹ Œuvres posthumes d'André Chénier, augmentées d'une notice historiqueChapitre 79 sur 99 · ODE VIII · texte numérisé non relu

ODE VIII

A FANMY, MALADE.

Quelquefois un souffle rapide Obscurcit un moment sous sa vapeur humide ' L'or, qui reprend soudain sa brillante couleur: Ainsi du Sirius, ô jeune bien-aimée!

Un moment l'haleioe enflammée De ta beauté vermeille a fatigué la fleur.

De quel tendre et léger nuage Un peu de pâleur douce, épara sur ton visage, Enveloppa tes traits calmes et languissans!

Quel regard, quel sourire, à peine sur ta couclie

£ntr'ouvraient tes yeux et ta bouche!

Et que de miel coulait de tes feibles accens !

Oh! qu'une belle est plus à craindre.

Alors qu'elle gémit, alors qu'on peut la plaindre, Qu'on s'alarme pour elle. Ah ! s'il était des cœurs, Fanny! que ton éclat eut trouvés insensibles,

Ils ne resteraient point paisibles Près de ton front, voilé de ces douces langueurs!

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Oui , quoique meilleure et plus belle ,

Toi-même cependant tu n'es qu'une mortelle:

Je le vois; mais, du Ciel, toi, l'orgueil et l'amour!

Tes beaux ans sont sacrés. Ton ânte dt ton visage Sont des Dieux Isi divine image;

Et le Ciel s'applaudit de t'avoir tnise au jour.

IjC Ciel t'a vue en tes prairies Oublier tes loisirs, tes lentes rêveries; Et tes dons et tes soins chercher les malheureux; Tes délicates mains à leurs lèvres amères

Présenter des sucs salutaires, Ou presser d'un lin pur leurs membres douloureux.

Souffrances que je leur envie!

Qu'ils eurent de bonheur de trembler pour leur vie, Puisqu'ils virent sur eux tes regrets caressans; Et leur toit rayonner de ta douce présence;

Et la Bonté, la Complaisance, Attendrir tes discours, plus chers que tes présens!

Près de leur lit, dans leur chaumière, Ss crurent voir descendre un ange de lumière, Qui des ombres de mort dégageait leur flambeau : Leurscœursétaient émus comme,aux yeux de la Grèce,

La victime qu'une Déesse Vint ravir à l'Aulide, à Chalchas, au tombeau ',

I . ■ D'antres poêles ont feint que Diane, ayant eu pitié d'Ipliigé- CEarres puslbniDO. 1 O

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a74 ODES.

Ah ! si des douleurs étrangères D'une larme si noble humectent tes paupières, Et te font des Destius accuser la rigueur.

Ceux qui soufTrent pour toi, tu les plaindras peubétre;

Et les douleurs que tu fais naître Ont-elles moins le droit d'intéresser ton cœur?

Troie, antique honneur de l'Asie, Vit le prince expirant des guerriers de Mysie ' D'un vainqueur généreux éprouver les bienfeits : D'Achille désarmé la main amie et sûre

Toucha sa mortelle blessure, Et soulagea les maux qu'elle-même avait faits.

 tous les iostans rappelée, Ta vue apaise ainsi l'âme qu'elle a troublée. Fanny ! pour moi ta vue est la clarté des Cieux; Vivre est te regarder, t'aimer , et te le dire;

Et, quand tu daignes me sourire , IjC lit de Vénus même est sans prix à mes yeux.

• aie , l'atail eDievëe et poit^ dans la Tanride a

• l'allatt Mcrifier ; et que la Dresse avait fait trouTer en sa place oa « une biche ou une autre tictime de cette nature. Euripide a suin « celle fable; et Ovide l'a mi»e au nombre de ses Didlamorpbous. • Racine, prébce Ae sou Iplugénie. {Soie de l'Éditeur.)

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