‹ Œuvres posthumes d'André Chénier, augmentées d'une notice historiqueChapitre 81 sur 99 · I. ArislogilOD · texte numérisé non relu

I. ArislogilOD

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Mais la France à la hache abandonne ta tête ' ! C'est au monstre égoi^é qu'on prépare une fête Parmi ses compagnons, tons dignes de son sort! Oh! quel noble dédain fit sourire ta bouche, Quand un brigand, vengeur de ce brigand &rouche, Crut te faire pâlir aux menaceâ de mort !

C'est lui qui dut pâlir, et tes juges sinistres, Et notre aiïreux sénat, et ses afireux ministres. Quand, à leur tribunal, sans crainte et sans appui, Ta douceur, ton langage, et simple et magnanime. Leur apprit qu'en effet, tout puissant qu'est le crime. Qui renonce à la vie est plus puissant que lui !

Long-temps, sous les dehors d'une allégresse aimable,

Dans ses détours profonds ton âme impénétrable

Avait tenu cachés les destins du pervers':

Ainsi, dans le secret amassant la tempête,

Bit un beau ciel d'azur, qui cependant s'apprête

A foudroyer les monts, à soulever les mers.

I. Cliartoue Corday fut eiecnt^ le iSîuiltet 1793, à midi, sur la ptace de la R^otution. {Note de l' Éditeur,)

a. L'osHuinat du jeuue de Beizunce , sod amant, matsao^ par les comidicea de Bfarat , Ini avait dëja fait concevoir le Aéavt delavengeaitce: elle màlitait en sileui^ le» moyens de le remplir, lonqne la proscription des Girondins tint t'eohardir et la déterminer. Elle partit de Caen le 11 juillet 1794; et. le i3 du même mois, Maral n'exislait plus. [Noie de t'Étfiteur.)

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Belle, jeune, brillante, aux bourreaux amenée,

Tu semblais t'avancer sur le char dliyntéDée;

Ton front resta paisible, et ton regard serein;

Calme sur l'échafaud , tu méprisas la rage

D'un peuple abject, servile, et fécond en outrage,

£t qui se croit encore et libre et souverain.

La Vertu seule est libre! Honneur de notre histoire. Notre immortel opprobre y vit avec ta gloire : Seule tu fils un homme, et vengeas les humains! Et nous, eunuques vils, troupeau lâche et sans âme, Nous savons répéter quelques plaintes de femme; Mais le fer pèserait à nos débiles mains !

Ud scélérat de moins rampe dans cette fange.

La Vertu t'applaudit : de sa mâle louange.

Entends, belle Héroïne! étends Tauguste voix. O Vertu ! le poignard , seul espoir de la terre, Est ton arme sacrée, al<H^ que le toimerre Laisse régner l« Crime, et se vend à- ses lois.

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