‹ Œuvres posthumes d'André Chénier, augmentées d'une notice historiqueChapitre 9 sur 99 · Fils de l'auteur Hu poème de la Reliciok, et peti(-fiU du · texte numérisé non relu

Fils de l'auteur Hu poème de la Reliciok, et peti(-fiU du

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Le Brun, faire gémir la lyre de douleurs Que jadis Simoaide anima de ses pleurs?

Et toi, doat le génie, amant de la retraite, Et des leçons d'Ascra ' studieux interprète, Accompagnant l'Année en ses douze palais.

Etale sa richesse et ses vastes bienfaits , Brazais, que de tes chants mon âme est pénétrée. Quand ils vont couronner cette vierge" adorée. Dont par la main du tems l'empire est respecté. Et de qui la vieillesse augmente la beauté!

L'homme insensible et froid en vain s'attache à peindre

grand Racine. Il mourut à Cadix , lors du d^aslre qui détruisit Lisbonne, et qui ébranla toute la côte de Portugal et d'Espagne. ( Note de i'Jttleur. )

Voyez l'ode que Le Brun a faîte à l'occasion de la mort de son ami. Ode Xïm, lib. III. {Note de l'Éditeur. )

]. AscRA. Nom d'une petite ville de laBéotie, et surnom donné à Hésiode par un grand nombre d'auleura, parce que ce poète célèbre y fut nourri et élevé. Il parait que M. le marquis de Brazais, qui cultivait avec amour les lettra^i et surtout la poésie, s'occupait de traduire le poème d'Hésiode intitulé : Les ouvrages et les jours. Cette traduction n'a pas été publiée.

On sait que ce poème d'Hésiode a servi de modèle à Virgile pour composer ses Géorgiques:

AscriEumque caDO romaiu per oppid^ camieD.

[Note de l'Éditeur.) a. La Vierge, signe du zodiaque dans lequel le soleil entre au mois d'ao&t. Les mythologues l'ont appelée tour à tour Astrée et Érigone. { Note de l'Éditeur. )

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Ces sentimens du cœur que l'esprit ne peut feindre ;

De ses tableaux fardés les frivoles appas

N'iront jamais au cceur dont ils ne viennent pas.

Ëh ! comment me tracer une image fidèle

Des traits dont votre main ignore le modèle?

Mais celui qui, dans soi descendant en secret,

Le contemple vivant, ce modèle parfait :

C'est lui qui nous enflamme au feu qui le dévore ;

Lui, qui fait adorer la vertu qu'il adore;

Lui, qui trace en un vers des Muses agréé

Un sentiment profond que son cœur a créé.

Aimer, sentir : c*est là cette ivresse vantée

Qu'aux célestes foyers déroba Prométhée.

Caltiope jamais daigna-t-elle enflammer

Un cœur Inaccessible à la douceur d'aimer?

Non ; l'amour, l'amitié, la sublime harmonie.

Tous ces dons précieux n'ont qu'un même génie.

Même souffle anima le poète charmant ,

L'ami religieux, et le parfait amant.

Ce sont toutes vertus d'une âme grande et fière.

Bavius et Zoïle, et Gacon, et Linîère,

Aux concerts d'Apollon ne furent point admis,

Vécurent sans maîtresse, et n'eurent point d'amis.

Et ceux qui , par leurs mœurs dignes de plus d'estime , Ne sont point nés pourtant sous cet astre sublime: Voyez-les, dans des vers divins, délicieux.

Vous habiller l'amour d'uu clinquant précieux ;

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EPITRES. 4g

Badioage iosipîde où leur ennui se joue, £t qu'autant que l'amour le bon sens désavoue. Voyez si d'une belle un jeune amant épris A tressailli jamais en lisant leurs écrits; Si leurs lyres jamais, froides comme leurs âmes , De la sainte amitié respirèrent les flammes.

O peuples de héros, exemples des mortels!

C'est chez vous que l'encens fiima sur ses autels; C'est aux tems glorieux des triomphes d'Alhène, Aux tems sanctifiés par la vertu romaine, Quand l'âme de Lélie animait Scipion , Quand Nicoclès mourait au sein de Pbocion ' ; C'est aux murs. où Lycurgue a consacré sa vie, Où les vertus étaient les lois de la patrie.

O demi-dieux amis! Atticus, Cicéron, . Caton, Bnitus, Pompée, et Sulpîce, et Yarron! Ces héros dans le sein de leur ville perdue S'assemblaient pour pleurer la liberté vaincue; Unis par la vertu, la gloire, le malheur, Les arts et l'amitié consolaient leur douleur. Sans l'amitié , quel antre ou quel sable infertile

I. Phooion venait d'Être condamné à mort. Nicoclès, son plus intime ami, loi demanda en grâce qa'il loi permit de boire du poison avant lai. ■ Ah! Nicoclès , 'lui répondit Phocioa, tu me fais là une demande bien pénible pour mon cœur; mais, puisque je ne l'ai jamais rien refusé pendant ma vie, je t'accorde encore ce dernier plaisir avant ma mort. > Voyez Plutarqne, Vie de Pbocion. {Note de l'Éditeur.)

OEatm piMiboniri. 4

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5o EPITRES.

N'eût été poar le sage un désirable asile ,

Quand du Tibre avili le sceptre ensanglanté

Armait la main du vice et la férocité ;

Quand d'un vrai citoyen l'éclat et le courage

Réveillaient du tyran la soupçonneuse rage;

Quand l'exil, la prison, le vol, l'assassinat,

Étaient pour l'apaiser l'ofiTrande du sénat?

Thraséa, Soranus, Sénécioa, Rustique,

Vous tous , dignes enfans de la patrie antique ,

Je vous vois tous amis, entourés de bourreaux.

Braver du scélérat les indignes faisceaux.

Du tâche délateur l'impudente richesse,

Et du vil affranchi l'orgueilleuse bassesse.

Je vous vois, au milieu des crimes, des noirceurs.

Garder une patrie et des lois et des mœurs;

Traverser d'un pied sûr, sans tache, sans sonillure.

Les flots conta ^euK de cette mer impure;

Vous créer, au flambeau de vos mâles aïeux.

Sur ce monde profane un monde vertueux.

Oh ! viens rendre à leurs noms nos imes atteatives j Amitié! de leur gtoir$ ennoblis nos archives. Viens, viens :que nos climats, par ton soufQe épurés. Enfantent "des rivaux à <;es hommes sacrés:

Rends-nous hommes comme eux. FaissuflaFranceheun Descendre des vertus la troupe radieuse :

De ces filles du ciel qui naissent dans, ton sein. Et toutes sur tes pas se tiennent par ta mai».

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EPITRES. 5i

Ranime les heaux-arts, éveille leur génie; Chasse de leur empire et la haine et l'euvie: Loin de toi , dans l'opprohre ils meurent avilis. Pour conserver leur trône iU Boivent être unb. Alors de l'univers ils fisrceot les hommages; Tout, jusqu'à I^mus.m^ipe^-eaQeH^e leurs images; Tout devient juste alors; et le peuple et If^ grands. Quand l'horame est respectable, honorent les talens.

Ainsi l'on vît les Grecs prôner d'un même zèle La gloire d'Alexandre et la gloire d'Apelte; La main de Phidias créa des itniiMriels; ' ' '

Et Smyi-ne k son Homère éleva des autels. ' Ifous, amis, cependant, dÀ qui ta nMc audace Veut atteindre ani laiirters dé Tanti^jne Parnasse, Au rang de ces grands noms nous pouvons éWe admis: Soyons âtés comme eux ehtmlés rràîs amis.

Qu'au-delà du trépas notre âme mutudie Vive et respire encor sur la lyre immortdle ; Que nos noqis soient sacrés; que nos chants glorieux Soient pour tous les amis un code précieux.

Qu'ils trouvent dans nos vers leurâme et lenrs pensées ; Qa'Hs TaBÎment «Boar •av* iriuacB ée^uées;- Et qu'en nous imitant ils s'attendent un jour ' D'être ch^ leurs neveux imités à leur tour

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