Pierre, ii
U DÉFENSE DES POUVOIftS
premier chapitre, Dieu ordonne à Moïse de dire à son peuple que quand quelqu'un d'entre eux voudra offrir au Seigneur une hostie de ses troupeaux, si son offrande est un holocauste, il choisira dans son troupeau un mâle qui sera sans aucune tache, et il l'offrira à l'entrée du tabernacle pour apaiser le Seigneur.
(( Il en est de même du sacrifice du corps et du sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui est offert dans la religion chrétienne. Les prêtres sont les seuls ministres légitimes établis par Jésus-Christ pour en faire l'oblation extérieure ; mais cependant tous les fidèles ont part à cette oWation ; et il est vrai de dire que ceux qui sont présents ne sont point seulement comme simples témoins de ce qui se fait, mais que tous, dans un sens véritable, ils offirent et sacrifient avec le prêtre le corps et le sang de Jésus-Christ.
« C'est l'esprit et le sentiment de l'Église, ainsi qu'il paraît par le langage dont elle use dans les prières qui accompagnent la célébration de ce mystère.
« Car, 1. tout étant disposé pour le sacrifice, le prêtre se tourne vers les fidèles et les avertit de joindre leurs prières aux siennes , afin que Dieu ait agréable leur commun sacrifice : Orales frcUreSj ut meum ac vestrum sacrificium acceptabile sit apvd Deum Patrem omnipotentem.
« 2. La plupart des oraisons secrètes sont pour demander à Dieu qu'il regarde et reçoive favorablement
les dons et le^ oblaiions que TËglise, qui est son peuple fidèle, lui présente. Respice, Domine, munera mppli-' cantis Ecclesiœ. Has papuli tut oblationes benigrms assume^ Ecclesiœ twe, quœsuvms. Domine, dona propitiw intuere, etc.
a â. Dans la première oraison du canon que Ton a toujours considéré comme la partie principale de la messe, après que \^ prêtre a demandé à Dieu qu'il bé* nisse et reçoive les dons qui lui sont présentés pour et au nom de toute l'Église, il prie Dieu qu'il veuille se souvenir des vivants pour lesquels il a dessein d'offirir, et, en particulier, de ceux (fsti sont présents, pour lesquels il offre et qui offrent avec lui ce sacrifice : sed et omnium circumstaniium* . . pro quibiis tibi offerimus, vel qui tibi o/ferunt hoc saerificium laudis. Sur quoi il ne sera peut-être pas hors de propos de remarquer que selon le témoignage d' Amalarius, archevêque de Trêves, qui a écrit des divins Oifiees, il y a huit ceais ans, et celui de l'auteur de l'Ordre romain sous le titre de Micro^ logue^ et ainsi qu'il se voit encore dans quelques ancieifê manuscrits, ces mots : "pro ftdbus tibi offerimusy ne se disaient point autrefois dans œUe oraison du canon de la messe, mais seulement ceux-ci : qui tibi offerunt. Bt en effet, le peu de rapport qu'il y a entre ces premiers mots et ce qui suit fait assez voir qu'ils ont été ajoutés.
« ft. Dans la seconde orai^o» du même canon , le
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prêtre demande à Dieu qu'il reçoive favorablement son offrande comme étant aussi celle de toute la famille chrétienne qui lui appartient. Hanc oblationem servUvrtis nostrœ, sed et cunctœ familiœ tuœ, quœsumus. Domine, utplacatus accipias.
(( 5. Dans Toraison qui suit la consécration et que quelques-uns disent, avec assez de fondement, être celle où se fait Toblation du corps et du sang de Jésus-Christ, le prêtre, s' adressant à Dieu, dit qu'il lui offre cette sainte victime en mémoire de la passion, de la résurrection et de l'ascension de son Fils, et que ce n'est point lui seul, mais aussi tout son saint peuple qui la lui présente : undè et mermres. Domine^ nos, servi tui, sed et plebs sancta tua ejusdem Christi Filii tui tant beatœ passionis... offerimus prœclarœ majestati tuœ, etc.
(( Les saints Pères et les autres auteurs ecclésiastiques parlent de la même façon de ce sacrifice, et le considèrent toujours comme un sacrifice que l'Église et les fidèles qui la composent offrent par le ministère du prêtre.
« Outre que saint Augustin l'appelle, en diverses rencontres, tantôt le sacrifice des chrétiens, sacrificium christianorunij tantôt le sacrifice qui s'offre tous les jours
dans l'Eglise, qmtidianum Ecclesiœ sacrificium, et que, parlant de l'oblation qui S'en fait, il Tattribue à tout le corps de l'Église ^ ; déplorant le malheur de quelques