Conférenc. ecclésiast., t. Il ^ p
CONSTITUTIFS DE L*ÉGLtSE. 209
« confesseurs et de notre peuple, examiner les lettres <( et les demandes des martyrs, d'après les règles de la <( discipline. »
« Les martyrs et les confesseurs de Rome, dont Moïse et Maxime, qui étaient prêtres, étaient les plus illustres, dans une de leurs lettres à saint Gyprien qui sont parmi celles de ce Père, témoignent qu'ils sont du même sentiment : a Comme vous le dites « fort bien, il faut use? de beaucoup de retenue et « de circonspection, lorsqu'il s'agit d'un crime aussi « grave qui a fait de prodigieux ravages par toute « la terre, et pour cela consulter les évoques, les prêa très, les diacres, les confesseurs^ les laïques même <t qui n'ont pas fléchi. »
a Les ecclésiastiques de Rome, que saint Gyprien avait aussi consultés, après avoir mis la chose en délibération et après l'avoir examinée , ne se contentèrent pas de lui écrire leur sentiment; mais ils jugèrent a propos que dans ilne affaire de cette importance, on prît celui des évêques, des ecclésiastiques du second et du troisième ordre, et qu'on écoutât même les laïques que la grâce avait conservés dans la dernière tempête. « Pour une affaire d'une si haute importance, <( il serait à propos d'attendre que la paix soit rendue <r à l'Église, afin d'en pouvoir délibérer en commun, « en prenant l'avis des évêques et des prêtres, des dia- « cres, des laïques même restés constamment fidèles...
« Un décret ne saurait être ferme à moins d'être re- « vêtu d'un consentement général *. »
« Il est vrai que le peuple ne conserva pas longtemps cet honneur, et que les exemples où il a été consulté sur les matières de la religion sont rares. Mais les prêtres eurent longtemps une grande part aux affaires ecclésiastiques, et cette coutume paraissait avoir son fondement dans TÉcriture. » Et ailleurs : « Il y a dans le royaume des évêques qui jugent de tout dans des congrégations. Toutes les affaires s'y proposent, s'y examinent et s'y décident, et ces congrégations sont composées des plus habiles du clergé et de l'état régulier 2.»
Duguet apporte plusieurs exemples fort connus de l'intervention populaire. Au concile de Jérusalem sur les observances légales, la résolution fut prise au nom des apôtres, des prêtres et des frères. Qui écrivit la lettre synodale du concile d'Antioche qui déposa Paul de Samosate? Ce furent les évêques, les prêtres, les diacres et l'Église. Au concile d'Elvire, avec les évêques, il y avait vingt-six prêtres, les diacres et tout le peuple, omni plèbe. Le IP concile d'Orange contient des souscriptions de laïques. Je passe les termes si formels d^ conciles de Tarragone et de Tolède sur la présence des simples fidèles aux conciles provinciaux ; Agier les a cités.