‹ Œuvres posthumes de Bordas-Demoulin; publeées, avec une introduction et des notesChapitre 12 sur 209 · Rom., xu · texte numérisé non relu

Rom., xu

CONSTITUTIFS DE LÉGLISE. 49

à tous les fid^es , en sorte quMl est vrai de dire que tous y ooocourent et y coopèrent. L'Église, dit saint Ambroise, est le droit commun de tous ; en commun elle prie, en commun elle agit, en commun elle est tentée^. Et il n'importe pas que ce soient seulement quelques particuliers qui paraissem4. faîre ces actions : T unité de la fd «t de la charité, ou même le Saint-Esprit qui est rame de T Église, comme dit le cardinal Pierre Damiea, fait que c'est toute TÉgUse qui agit par eux^.

« C'est sur ce fondement que saint Augustin, parlant des pelits enfants qui sontquelquefois présentés au baptême .par des personnes indignes et d'une méchante vie, dit « qu'ils ne sont pas tant présentés par ceux qui « les portent «entre leurs bras que par toute la société a des saints, c'est-à-dire par toute l'Église, parce que, « ajoute ce saint docteur, l'on doit croire qu'ils sont pré- « sentes par tous ceux qui désirent qu'ils soient présente tés. » D'où U conclut que « c'est donc toute l'Église, « notre mère, qui les présente, parce que c'est toute

4. Ecclesia, jus commune omnium ; in commune orat, in commune operatur, in commune tentatur. Offlc.j 1. I, c. xxix.

t. Tota Ecclesia diversorum quidem constat compage membroram , sed «num est procul daibio oorpus unîus fidei soiiditate fundatum, una vivificantis Spiritus virtute perfectum. Unde et Âpostolus ait : Unum corpus, unus spiritus, sicut vocati estis in una spe vocationis vestrae. Dignum ergo est ut quidquid in sacris ofiicii s a quibuscumque fidelibus particulariter agitur, hoc ipsa Ecclesia per unitatem fidei et charitatis amorem unanimiter agere videatur. Opusc. .De Dmmimupobiscwn, vu.

« l'Église qui engendre tous et chacun de ses enfants. » « On doit donc dire la même chose du sacrifice qui est offert tous les jours dans l'Église. Ce n'est point le prêtre seul qui en fait l'oblation : tout le corps de l'Église, et particulièrement les fidèles qui sont présents, la font avec lui et par lui, parce que tous s'unissent de cœur et de volonté avec lui pour la présenter à Dieu. On doit dire, comme saint Augustin : « On doit « croire qu'elle est présentée par tous ceux qui désirent « qu'elle soit présentée. »

Il serait inutile d'observer que si les fidèles présents offrent plus particulièrement le sacrifice que les fidèles absents, néanmoins les fidèles absents qui sont justes contribuent à la transsubstantiation, tandis que les fidèles présents qui se trouvent dans le péché n'y contribuent point.

« La seconde raison sur laquelle cette doctrine est fondée, continue l'auteur, c'est que l'union de Jésus- Christ avec l'Église, comme du chef avec son corps, ne fait pas seulement que l'on attribue au chef ce qui convient au corps , et au corps ce qui convient au chef, mais de plue que le corps et le§ membres qui le composent entrent dans la participation de tous lesMroits, de toutes les grâces, de toutes \^ prérogatives du chef, parce que le chef, s' unissant aux membres de son corps, les rend participants de sa vertu, de sa puissance, de son esprit, et, en un mot, 4e tous les avan-

tages qui lui sont propres. Ce qui fait dire à saint Augustin et aux autres Pères, après l'apôtre saint Paul, que Jésus-Christ est la vie, la justice, la sainteté, Timmortalité et la gloire des fidèles, parce que les fidèles lui étant unis comme à leur chef, il répand sur eux les opérations de vie, de sainteté, de justice, d'immortalité et de gloire dont il est le principe.

« Or, entre les avantages que Jésus-Christ possède comme médiateur et comme chef de l'Église, un des plus considérables est d'avoir été établi prêtre étemel, selon l'ordre de Melchisédech, afin de se présenter pour nous devant la face de son Père et de lui offrir en même temps l'Église pour laquelle il s'est lui-même livré à la mort, et laquelle il fait paraître pleine de gloire, n'ayant ni tache, ni ride, après l'avoir sanctifiée dans son sang.

« D'où il s'ensuit que tous les fidèles qui sont membres vivants de l'Eglise participent à ce sacerdoce de Jésus-Christ, et qu'ainsi ile SG*t tous sftitant de prêtres, qui ne s'offrent pas seulement^ Dieu par un sacrifice intérieur d'eux-mêmes, mais qui, outre cela, s'unissent avec Jésus-Christ comme souvemîn prêtre et au ministre qui le représente sur la terre, pour offrir à Dieu ce grand et redoutable sacrifice de la mort de son Fils. C'est ce qui nous est marqué par ces paroles de saint Pierre, qui, écrivant aitx Églises du Pont, de Galatie et autres provinces de l'Asie, leur dit qu'elles composent

«2 DÉFENSE DES POUVOIItS

un a ordre de saints prêtres pour offrir à Keu des (( hosties spirituelles qui lui soient agréables par leur « union avec Jésus- Christ^» » A quoi se rapportent aussi celles de saint Jeaà dans son Apocalypse, où il rend grâces à Jésus-Christ, au nom de tous les chrétiens, de ce que les ayant « lavés de tous leurs péchés (( dans son sang , il les a faits rois et prêtres de Dieu « son Père^; » ce qu'il répète encore dans un autre endroit, où il dit qu'il avait entendu le cantique que les vieillards chantaient devant TAgneau, le remerciant de ce qu'il les avait « rachetés par son sang et rendus rois « et prêtres pour servir Dieu *. »

— « Etant vrai que les fidèles qui assistent à la messe offrent le sacrifice conjointement avec le prêtre, quelle différence y a-t-il entre les prêtres et les laiiques à l'égard de cette oblation?

« Quoique les sacrifices de la loi mosaïque fussent en quelque façon véritablement offerts, soit par tout le peuple, soit par les pacticuliers qui présentaient les victimes qui devaient être immolées, néanmoins la fonction des prêtres dans F oblation de ces sacrifices était fort différente de celle du4)euple. Celui, par exemple, qui voulait offrir un holocauste à Dieu, présentait seulement sa victime à l'entrée du tabernacle et tenait

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