Hist. du conc. de Trente, t. I, p
c( L'archevêque d' Aix donna son avis par écrit , qui portait que le décret lui plaisait, pourvu que Ton ajoutât, sur l'article de l'immaculée conception de la Vierge Marie, que Ton imposait silence sur ce sujet, afin que personne n'osât plus prêcher sur cette matière.
<( L'évêque de Sassari dit qu'il approuvait le décret en tout, à l'exception de l'article de la conception de la Vierge, parce que l'on y offensait une des parties
de l'Eglise sans satisfaire l'autre , et que l'on renouvelait les anciennes tragédies qui étaient du temps de la publication de la bulle de Sixte IV, dont il était parié dans le décret.
« L'évêque de Sienne dit qu'il approuvait le décret s'il ne préjudiciait point à la Vierge.
« Celui de Palerme l'approuva, sous les mêmes conditions que le cardinal de Jaën.
« Celui de Cava persista dans l'avis qu'il avait eu dans la congrégation.
« L'évêque de Clermont fut d'avis qu'il fallait décider absolument dans le décret que la Vierge était conçue sans péché originel .
« L'évêque titulaire de Chéronée ou Chersonèse dit qu'il approuvait le décret, pourvu que l'on ne fît aucun préjudice à la conception de la Vierge.
« L'évêque de Fiesoli dit qu'il approuvait le décret, sauf les protestations qu'il avait faites.
« L'évêque de Saint-Marc l'approuva, aux conditions proposées par le cardinal de Jaën.
« L'évêque de Badajoz approuva tout le décret , à l'exception du titre.
« Celui de Bellune fut de l'avis du plus grand nombre.
« Celui d'Huescha fut de l'avis de celui de Pace.
« Celui de Calahorra donna son avis par écrit, portant qu'il approuvait le décret, pourvu que l'on ajoutât que , parce que plusieurs personnes osent avancer dans leurs sermons que la Vierge Marie n'est pas conçue en péché originel , ce qui cause des scandales parmi le peuple , il ne sera plus permis à l'avenir de prêcher publiquement cette doctrine, jusqu'à ce que l'Eglise ait jugé cette question; que néanmoins l'intention du concile n'est pas de réprouver cette opinion; qu'au reste il n'approuve pas le titre du décret.
« L'évêque de Castellamare dit qu'il approuvait le décret, à l'exception de l'article de la conception , auquel il voudrait que l'on ajoutât des termes qui fissent cesser le scandale et qui ne préjudiciassent à aucun des deux partis.
« L'évêque de Pesaro dit qu'il était de l'avis du cardinal Polus, l'un des présidents, qui approuvait le décret.
(c Celui des Canaries dit qu'il approuvait le décret.
mais qu'il voulait que l'on imposât silence sur le fait de la conception de la Vierge.
h Ces suffrages ayant été recueillis, lus à haute voix par le secrétaire Massarelli et reconnus par les Pères du concile, on passa à la lecture du décret de la réformation.
« Tout ce que nous venons de rapporter des avis différents des Pères du concile touchant l'article de la conception de la Vierge, est tiré du manuscrit des huit premières sessions du concile, dressé par Jean de Curtenbosche, de Gand, qui était présent au concile quand ces choses se passèrent, et qui a rapporté fidèlement les décrets et les actes de ces sessions dans un manuscrit qui fut donné, après sa mort, arrivée à Rome le 18 novembre 1550, à Levinus Torrentius, alors archidiacre de Gand, ensuite évêque d'Anvers et enfin archevêque de Malines, et qui appartient présentement à M. Baluze, qui me l'a bien voulu communiquer.
« Il paraît par là que tout le décret fut approuvé unanimfmeol, à Texception de l'article touchant la conception d% la Vierge, sur lequel il y eut différents avis. C'est ce qui fait que l'on ne trouve point cet article dans les anciennes éditions des six premières sessions du concile, savoir : dans celle qui fut imprimée à Paris, chez Chaudière, la même année 1516; dans une édition d'Anvers de l'année suivante; dans l'édition de Cologne de Jean Quentel^de l'an 1551;
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dans une autre édition faite la même année à Paris; dans l'édition des conciles de Crabbe, de la même année; dans une édition faite à Paris en 1555; ni daiîs la Sortime des conciles de Carranza, des premières éditions. 11 est vrai que Calvin, dans son Antidote, imprimé en 1547, fait mention de cet article du décret, et qu'il est imprimé dans une édition de la cinquième session faite à Milan en 1548.
« Le manuscrit de Curtenbosche nous découvre à présent d'où vient cette différence d'éditions; comme cet article n'avait point été approuvé généralement, il ne fut point mis dans les premières éditions. Mais, parce qu'il avait été proposé et lu dans le concile, quelques auteurs en firent mention, et enfin il fut mis dans les décrets du concile sous Pie IV, imprimé dans l'édition du concile que ce pape fit faire à Rome, et inséré depuis dans toutes les éditions. »
D'après ce que Bossuet dit à Bertin, il est clair, pour nous servir de son expression, qu'il regardait l'immaculée conception comme théologiquement certaine La Revue ecclésiastique * a cru devoir examine» les preuves que Bossuet consigna dans deux sermons 2. « Après avoir, dit-elle, signalé, par des paroles pleines de vigueur et d'éloquence, la plaie qui dévore le genre humain et montré que nous gommes tous conçus dans le péché ,