‹ Œuvres posthumes de Bordas-Demoulin; publeées, avec une introduction et des notesChapitre 126 sur 209 · Contre Julien, 1. IF, n · texte numérisé non relu

Contre Julien, 1. IF, n

pond : Ita vero est ut dicis, vous avez raison. Il reconnaît donc non - seulement aux prêtres, mais aux diacres et aux simples fidèles, le droit déjuger, in causa judicandi, suivant le latin. Au commencement de sa lettre au prêtre Sixte de Rome, saint Augustin le félicite de ce que le premier il a prononcé anathème contre les pélagiens, dans une assemblée nombreuse du peuple : n'est-ce pas confesser qu'il a le droit de juger de la foi î

Je reviens aux évêques. En déclarant qu'ils ne possèdent pas d'autorité personnelle ^ V Observateur détruit l'épiscopat comme pouvoir gouvernemental. Tant que l'Église n'a point d'erreur à condamner, l'évêque ne contribue pas plus à l'infaillibilité que le laïque; son influence se réduit à celle d'un simple fidèle. Il en est ainsi du prêtre. C'est donc par les simples fidèles que l'Église a le privilège de ne pas se tromper. D'ailleurs, suivant V Observateur , « l'infaillibilité qui lui a été promise, résulte du témoignage constant et unanime de toutes les églises sur une question de foi*.» Or, l'évêque, le prêtre ne témoignent pas avec plus de poids que les laïques, puisque pas plus qu'eux ils n'ont aucun pouvoir personnel. Faut-U condamner quelque erreur? « L'évêque, dit V Observateur j parle au nom de son église, rend

témoignage de la foi de cette église, et c'est de Tensemble des témoignages épiscopaux que résulte infailliblement la constatation de la foi universelle^. » Je demande si par là l'épiscopat n'est pas réduit à une pure machine à scrutin? <( Les évoques, dit la Faculté de théologie de Reims, ne rapportent pas simplement ce qu'on croit dans les églises particulières ; ils examinent et ils décident ce qu'il faut croire conformément à l'Écriture et à la tradition 2.»

Ce journal nous accuse de soutenir que les laïques ont « de droit une part dans le gouvernement de l'Eglise et dans la définition des dogmes; » et lui, il met réellement toute la conservation de la foi dans les laïques, et ne laisse aux évêques que la forme d'un vain concours !

Oui, le laïque contribue à l'infaillibilité, parce qu'il a une autorité personnelle ; mais le prêtre y contribue plus que le laïque, parce qu'il a une autorité personnelle plus grande que lui ; et l'évêque y contribue plus que le prêtre, parce qu'il a une autorité personnelle plus grande que la sienne.

U Observateur prétend que l'évêque seul représente son église, et on ne le comprend pas. Du moment que l'évêque est sans autorité personnelle, et par consé-

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