CHAPITRE V
DROITS DE l'ÉVÊQUE A l'ÉGARD DU PAPE.
L'épiscopat est le plus grand pouvoir de TÉglise et le même dans tous les évêques, comme la prêtrise dans tous les prêtres, le laïcisme dans tous les simples fidèles. Cependant les évêques ne sont pas tous égaux. Il y en a un qui surpasse les autres. 11 résulte de T Evangile que le pouvoir épiscopal fut donné tout entier à saint Pierre séparément, et tout entier à tous les apôtres ensemble. Ainsi il existe de deux manières, comme unité de personne et comme nombre de personnes. S'agit-il d'examiner, de décider, le pouvoir se développe dans le nombre; s'agit-il d'amener, de maintenir l'obéissance aux décisions, le pouvoir se réduit à l'unité. Dans le nombre, chaque évêque peut autant que le pape, qui n'a que sa voix, comme les autres évêques ; dans l'unité, le pape peut autant que tous les évêques, car il concentre en lui la puissance qui a été déployée en commun. Il dépend d'eux, quant aux décrets; eux dépendent de lui^ quant à l'exécution des décrets. Quoique réciproquement assujettis dans l'exercice de leur autorité, ils sont indépendants dans leur autorité même.
Ni le pape n'emprunte la sienne des évêques, ni les évêques la leur du ^[Jape»^ Aux deux côtés, elle émane directement de Jésus-Christ. Les évoques peuvent chacun régir leur église*. Mais comme ils ne sont point individuellement infaillibles, il faut qu'ils s'accordent avec l'Église universelle et avec le pape qui, hors des conciles, la représente. Du reste, ils n'ont point besoin de lui pour se donner des successeurs, pour se juger les uns les autres, ni pour suspendre la discipline dans les cas où elle souffre des exceptions.
Traversez le moyen âge qui a renversé le gouvernement ecclésiastique, contemplez-le au moment où le paganisme vaincu , les persécutions cessant, permettent qu'il se découvre et qu'il se rapproche du gouvernement civil.
La charité, poursuivante infatigable de l'unité, voudrait que rien ne s'accomplît que par tous les évêques, tous les prêtres, tous les laïques de l'univers assemblés et le pape président; que là on offrît le sacrifice; que là on conférât les sacrements; que là on traitât les affaires. Spectacle divin que l'Eglise donna aux premiers jours de sa naissance, alors qu'elle était encore resserrée dans Jérusalem; spectacle qu'elle ne présentera plus, mais qu'elle imita en se répandant et se divisant en églises particulières ; car chacune de