Ibid., XXI, 4B
cice. Cet exercice s'étend à T Église entière, tandis que pour les autres apôtres il est restreint à dne partie. Chacun de ces apôtres , aussi bien que Pierre , avait donc le pouvoir d'être chef de l'Église; il ne lui manquait que d'être désigné pour en remplir les fonctions. De même, chaque évêque possède un pouvoir identique à celui du pape ; et lorsqu'un évêque est élevé sur le siège 'papal, il ne reçoit ni un pouvoir d'un autre genre, ni un degré quelconque dans celui qu'il avait déjà. Seulement, il est appelé, par le fait de son élection, à l'appliquer à un objet plus grand.
Voilà pourquoi Pierre, désigné à plusieurs reprises pour être le chef de l'apostolat, en eut les fonctions aussitôt qu'il reçut le pontificat en commun avec les autres apôtres. Voilà pourquoi encore, quand il a pris le gouvernement d'une église particulière, de celle de Rome, il n'eut qu'à appliquer ce même pouvoir à cette église. Le pouvoir du pape , évêque de Rome ou de toute autre église, et du pape, chef de l'Eglise, ne diffère que dans l'objet.
Voilà pourquoi encore, l'exercice du pouvoir pontifical embrassant dans le pape l'Église tout entière , et dans chaque évêque se bornant à une église particulière, le pouvoir du pape égale, sous la forme de l'unité, , le pouvoir de tous les évêques sous la forme du nombre, celui de l'évêque de Rome y étant compris; en d'autres termes, l'exercice du pouvoir papal comprend
3U DÉFEIfSE DES POUVOIRS
dans l'unité les exercices du pouvoir de tous les évoques dans le nombre.
Quelle plus belle unité ! Tel est le sens profond des paroles de saint Cyprien : « L'épiscopat est un , et chaque évêque en possède solidairement sa part^. »
Maistre peint la transformation du cœur de l'homme par l'Eglise, ses efforts pour abolir la servitude, puis il dit que l'Église et le pape, c'est tout un; que « sans le christianisme, point de liberté générale; et sans le pape, point de véritable christianisme, c'est-à-dire point de christianisme opérateur , puissant , convertissant, régénérant, conquérant, perfectilisant. » Nul doute, ôtez le pape, l'unité n'existe plus, parce que l'Eglise ne saurait être continuellement assemblée en concile; l'unité périssant, l'action régénératrice cesse. Mais en quoi cela implique-t-il que le pape soit le maître absolu, l'Église même; et qu'à cette condition seule elle brise les fers du genre l^umain? Une armée ne saurait vaincre ni combattre efficacement sans, un chef, donc c'est le chef qui fait tout !
Dire que les évêques empruntent leur autorité du pape, ou, en remontant à l'origine, que lès apôtres empruntent la leur de Pierre, c'est dire que Pierre n'eut que la promesse du sacerdoce, et non la réalité. Or, ainsi fait aujourd'hui le clergé, en traitant d'erreur