‹ Œuvres posthumes de Bordas-Demoulin; publeées, avec une introduction et des notesChapitre 138 sur 209 · Bossuet, Déf. de la Déclar. T. II, p · texte numérisé non relu

Bossuet, Déf. de la Déclar. T. II, p

CONSTUrUJIFS DE L'ÉGLISE. 324

dan§ là politique, intérieurement à Dieu. Envahissant tous les pouvoirs civils, elle était devenue le seul pouvoir en Europe. C'est personnifié dans les papes que ce pouvoir agit avec toute son énergie et qu'il broya le monde de la chute. Pas plus assemblée que dispersée, l'Eglise n'aurait trouvé l'audace salutaire qu'ils déployèrent. Aurait-elle déclaré, comme Grégoire VII^ que la puissance séculière est l'œuvre de Satan? comme Boniface VIII, qu'elle est établie sur les nations et sur les royaumes pour arracher et pour détruire, pour perdre et pour dissiper, pour édifier et pour planter ? Voilà cependant la vérité même dans ces ap|>arentes et si révoltantes, si formidables excentricités ! Serait-elle entrée dans les puissances et les fureurs du Très-Haut, afin d'abattre la cité du mal et délivrer c^lle du bien ? Prendre à tels princes les royaumes , les jeter à tels autres, les tenir tous dans la crainte continuelle d'être dépossédés, dans Tidée qu'ils ne sont que des commissaires du vicaire de Dieu, n'est-ce pas relever les peuples à Dieu, rompre l'intermédiaire de l'autorité publique qui se plaçait entre eux et lui ? En mettant le pied sur le corps des monarques au nom de Dieu, les papes reportaient la souveraineté sociale dans la souveraineté divine. Ne dites pas que les papes ne font que mettre leur pouvoir à la place de celui qu'ils détruisent, se cou'slituer intermédiaires entre les peuples et Dieu ; ce pouvoir emprunté et surnaturel n'est que provisoire, et

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