‹ Œuvres posthumes de Bordas-Demoulin; publeées, avec une introduction et des notesChapitre 15 sur 209 · Confér. du diocèse de La Rochelle, p. Uf · texte numérisé non relu

Confér. du diocèse de La Rochelle, p. Uf

â. Lettre à Basville.

C'est sur ce fondement que les anciens croyaient que ceux qui n'étaient pas en état de participer à l'eucharistie n'étaient pas dignes d'assister à la célébration des saints mystères. Mais comme la messe est un sacrifice qui n'est pas seulement offert par les fidèles, auquel cas il demande les dispositions de foi, de désir et d'amour que demandent les sacrements, mais encore un sacrifice offert pour les fidèles et pour les fidèles pécheurs, auxquels il profite, non comme les sacrements à ceux qui les reçoivent, mais comme les prières à ceux pour qui on les offre, il faut, ce me semble, faire une grande différence de l'assistance à la messe à la participation des sacrements.

c< La messe est , à l'égard des pécheurs pour lesquels on l'ofïre, une sorte de prière , mais une prière incomparablement plus excellente que les autres, dans laquelle Jésus-Christ , immolé mystiquement par la parole du prêtre, s'offre lui-même en cet état à son Père et intercède envers lui pour les pécheurs. Or, comme on n'a jamais pensé qu'il y eût aucune irrévérence d'obliger les pécheurs d'assister aux prières que l'on fait pour eux, il semble qu'il n'y en peut avoir davantage à les obliger d'assister à un sacrifice que l'on offre pour eux. Il y en aurait sans doute, si on voulait les obliger à offrir eux-mêmes avec le prêtre et avec Jésus-Christ, qui est le principal prêtre, le sacrifice de la messe, ce qui est^sans contredit la meilleure manière

d'y assister, mais manière qui ne peut convenir qu'aux fidèles qui, étant parla charité unis à Jésus-Christ comme à leur chef, sont en état de s'offrir en lui et par lui comme ne comprenant avec lui qu'un même corps, ce qui fait qu'ils sont appelés prêtres par saint Pierre et par saint Jean^. »

Je reproduis les termes de Y Observateur : « La doctrine mystique sur le sacerdoce entendu lato sensu est celle-ci : tout fidèle uni à Jésus-Christ par la foi et la charité agit en lui ; il s'offre en Jésus-Christ , qui est l'unique prêtre; il s'immole en lui comme victime, et il remplit ainsi par Jésus-Christ la fonction sacerdotale par excellence, qui est le sacrifice. »

Ce sacrifice dont parle Y Observateur ' est celui du fidèle et non point celui de Jésus-Christ, et la fonction sacerdotale ne consiste nullement pour le fidèle à offrir Jésus-Christ, mais à s'offrir soi-même. Visiblement Y Observateur tronque Labroue. Il lui prend' la seconde moitié de la dernière phrase , et la condition que Labroue pose à l'exercice du sacerdoce, Y Observateur la donne comme le sacerdoce même. C'est ainsi encore qu'il entend les auteurs, en nous reprochant avec tant d'assurance de ne pas les comprendre !

Arrêtons-nous ici un instant. On a vu Y Observateur nier que l'effet des sacrements soit dû aux prières des

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