Somme I, quest. 88, art. 3. Traduct. de M« Tabbé Drioux
choses, surpassant infiniment tout ce qu'il a produit*. »
Par là saint Thomas se constitue en opposition avec saint Augustin.
Écoutons celui-ci : « C'est par là que les impies euxmêmes ont l'idée de l'éternité, et qu'il leur arrive de blâmer ou de louer justement bien des choses dans la conduite des hommes. Par quelles règles en jugent-ils, si ce n'est dans celles où ils voieat comment chacun doit vivre, lors même qu'ils ne vivent pas de la sorte? Ce n'est pas dans leur nature, car cçs objets se voient sans doute des yeux de Tesprit, mais leur esprit est sujet au changement, tandis que ces règles sont immuables, comme le voit en elles quiconque est capable de discerner ce caractère; ce n'est pas dans l'état de leur âme, puisque ce soat les règles de la justice, et que leurs âmes sont dans l'injustice. Où sont-elles donc écrites, ces règles dans lesquelles l'injuste même reconnaît ce qui est juste, et découvre qu'il faut avoir ce que lui-même n'a pas? Où sont-elles écrites, sinon dans le livre de cette lumière que l'on appelle la vérité ^ ? »
Cette doctrine est souvent exprimée dans saint Augustin. Il enseigne donc que l'âme contemple Dieu. Quelquefois il dit que Dieu est la vie de l'âme, comme
4. Somme, I, quest. 12, art. 42. — Tournely, De Deo, t. I, dit la môme chose que saint Thomas.