‹ Œuvres posthumes de Bordas-Demoulin; publeées, avec une introduction et des notesChapitre 164 sur 209 · De la Trinité, liv. XIV, ch. xv · texte numérisé non relu

De la Trinité, liv. XIV, ch. xv

l'âme est la vie du corps ^. Ici il se trompe. L*âine n'est point la vie du corps, qui a sa propre vie. Mais, par cette comparaison, il marque combien l'union de l'âme avec Dieu es^ étroite. Saint Paul semble l'établir encore plus fortement, lorsqu'il assure qu'en Dieu nous avons la vie, le mouvement et l'être, et qu'il approuve Aratus disant que nous sommes de race divine ^. Substances intelligentes comme Dieu , mais substances créées et n'ayant ainsi que secondairement en nous les raisons des choses, c'est en lui seulement que nous pouvons nous entendre, c'est-à-dire entendre les choses ou la vérité, de même que ce n'est qu'en lui, nous enveloppant de toutes parts, que nous pouvons subsister.

Entre l'âme et Dieu qui la pénètre aussi intimement, où trouver la possibilité d'insérer quoique ce soit? Et que devient le surnaturel qu'on prétend nécessaire d'ajouter à l'âme pour qu'elle atteigne Dieu ? Car sa nature n'est-elle pas plongée en lui? Rien lui est-il plus naturel que de le voir et de l'aimer? Luther et Baïus s'égarent-ils beaucoup de dire qu'il n'est pas plus naturel aux yeux de voir la lumière? Ils l'ont pris de saint Augustin :

« Comme la cécité est le mal de l'œil, et que ce mal même montre que l'œil a été créé pour voir la lumière, et prouve que les autres membres le cèdent au membre

Page 1