‹ Œuvres posthumes de Bordas-Demoulin; publeées, avec une introduction et des notesChapitre 165 sur 209 · Libre Arbitre, 1. II, ch. xvi · texte numérisé non relu

Libre Arbitre, 1. II, ch. xvi

?. Actes, XVII, 28.

capable de voir la lumière (autrement la privation de lumière ne serait point un mal pour lui) : de même aussi la nature qui jouissait de Dieu, montre l'excellence de sa première institution, par le mal même dont elle souffre en ne jouissant pas de Dieu ; car ce ne serait point un mal d'être éloigné de Dieu, si la nature dont cet éloignement est le mal n'était pas faite pour être avec Dieu*. » A la fin d'un précédent chapitre, saint Augustin avait dit la même chose des anges :

« De même donc qu'en appelant mal des yeux la cécité, on montre que la vue est naturelle aux yeux; et qu'en appelant mal des oreilles la surdité, on établit que l'ouïe leur est naturelle : ainsi, quand on appelle mal de la créature angélique, de ne pas être linie à Dieu, on déclare très-manifestement par là que l'union à Dieu lui est naturelle. Or, qui pourrait dignement concevoir ou exprimer combien il est grand d'être uni à Dieu, afin de vivre pour lui, d'y puiser la sagesse, d'y trouver le bonheur, et de jouir d'un si grand bien sans avoir à redouter la mort, ni l'erreur ni aucune incommodité? C'est pourquoi aussi, tout mal étant contraire à la nature, le mal des anges rebelles, de n'être point unis à Dieu, prouve en quelle excellence Dieu avait créé une nature à laquelle il est contraire de n'être pas avec Dieu 2. »

r Cité de Dieu, 1. XXII, ch. i. 2. Ihid. L. Xn, cb. i.

Ailleurs, parlant de la grâce propre aux fidèles, il la distingue des dons naturels :

« Dans ce discours plein de lumière, par lequel saint Paul poursuit l'orgueil humain, afin que personne ne se glorifie dans l'homme, mais seulement dans le Seigneur, il serait, ce me semble, de la dernière absurdité de prétendre qu'il a en vue les dons naturels de Dieu, soit la nature même dans son intégrité et sa perfection, telle que l'homme dans sa première condition Ta reçue, soit ce qui lui en reste dans sa nature corrompue ^. » Dans le même ouvrage, il appelle mérites humains les mérites d'Adam : « Qu'on ne parle plus ici de mérites humains; ils ont péri en Adam. Que tout cède à l'empire ^e la grâce de Dieu, qui règne par Jésus-Christ, notre unique Seigneur et le Fils unique de Dieu 2. » Saint Grégoire, pape, dit la même chose*. Baïus ^ cite aussi saint Léon.

Saint Augustin veut qu'on distingue la nature avant la chute, de la nature après la chute^; le naturel primitif et le surnaturel de la réparation ®.

4. Prédestination des saints, ch. v, n* 40. î. Ibid,y ch. XV, n** 34.

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