‹ Œuvres posthumes de Bordas-Demoulin; publeées, avec une introduction et des notesChapitre 167 sur 209 · Retract., 1. I, ch. ix, n · texte numérisé non relu

Retract., 1. I, ch. ix, n

3, Ch. XI, n" 27 et ch. xii, n' 29.

manichéens^. Ceux-ci, de même que les pélagiens, rejetaient la chute primitive et soutenaient que l'ignorance et l'impuissance sont naturelles au genre humain. Mais tandis que les pélagiens n'admettaient qu'un seul Dieu, les manichéens prétendaient qu'il y en a deux coéternels , l'un bon , auteur de l'âme , l'autre mauvais, auteur du corps, et que nos misères ont pour cause l'union de l'âme, qui est bonne, avec le corps, qui est mauvais.

Voici, au fond, comment saint Augustin raisonne avec eux. Supposons que le mal entrât dans la constitution de l'homme, il n'y aurait point nécessité d'imaginer un principe mauvais; il en résulterait seulement que le principe bon, le Dieu véritable, l'unique Dieu ne pouvait faire mieux. Les manichéens n'enseignentils pas que le corps 2, que la nature humaine* sont

4 . L'auteur eût pu remarquer que c'est la réponse même de saint Augustin : « J'ai fait voir que les manichéens sont également condamnables, quelque parti que l'on prenne, soit que l'ignorance et la difficulté de faire le bien avec lesquelles tous les hommes naissent, soient la peine du péché, ou qu'elles soient de la première institution de la nature; et cependant je suis bien décidé entre ces deux sentiments : je l'ai même marqué alors assez clairement. Je suis, dis-je, persuadé que ces deux misères n'appartiennent point à la nature de l'homme tel que Dieu l'a créé, mais que c'est une peine à laquelle l'homme a été condamné en conséquence du péché. » Du Don de lapersévér., ch. xii, n» 29. Au nombre suivant, saint Augustin accuse d'erreur ceux qui nient a que l'ignorance et la difficulté de faire le bien soient des peines du péché originel. » Éd.

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