‹ Œuvres posthumes de Bordas-Demoulin; publeées, avec une introduction et des notesChapitre 18 sur 209 · Traité Y sur saint Jean · texte numérisé non relu

Traité Y sur saint Jean

3î • DÉFENSE DES POUVOIRS

C'est pourquoi, quel que soit le ministre qui confère le baptême, on doit croire que c'est Jésus-Christ qui baptise, qui remet les péchés, qui purifie rame.* Hic est qui baptizat ^ . ))

Ainsi ce n'est pas le ministre qui produit l'effet du sacrement, c'est Jésus-Christ. Mais Jésus-Christ le produit-il sans qu'on le lui demande, ou faut-il le supplier? La forme précatoire des sacrements suffirait seule pour trancher la question.

Les Latins disent : Je vous baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Mais les Grecs prennent le tour suivant : Qu^ ce serviteur de Jésu^-Christ soit baptisé au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, à présent et toujours dans les siècles des siècles. Amen. « Baptizetur servus Dei N. in nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti, nunc et semper in secula seculorum. Amen 2. » L'Église étant née dans l'Orient, il est vraisemblable que c'est la forme précatoire des Grecs qui la première a été employée. La forme des Latins, quoique indicative, doit implicitement renfermer la prière.

Dans la confirmation, l'évêque tourné vers ceux qui doivent être confirmés étend les mains sur eux et fait cette prière : Dieu tout-puissant et éternel, qui avez daigné faire renaître par Veau et par le Saint-Esprit

h. Première Instruct, sur les Sacrem., ch, iv. % Goar, Ritudl, Grœconim, p. 355.

vo% serviteurs qui sont ici présents^ eC qui leur avez aC" cordé le pardon de tous leurs pécMs^ faites descendre du ciel en eux votre Saint-Esprit consolateur. Esprit de ^ sagesse et d'intelligence. Esprit de conseil et de force. Esprit de science et de piété; remplissez-les de l'Esprit de votre crainte et imprimez en eux par votre miséri-^ corde le signe de la croix de Jésus-Christ pour la vie étemelle; par le même Jésus-Christ, etc.

Ensuite on les lui présente tous Tun après Tautre et il leur fait l'onction du saint chrême sur le front en forme de croix, appelant chacun d'eux par son nom et disant : N. je vous marque du signe de la croix, et je vou^ confirme par le chrême du salut au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

« De c^s deux actions, dit Mésengui, la première, savoir l'imposition des mains accompagnée de la prière, a été pratiquée par les apôtres ; la seconde , qui est l'onction et je signe de la croix, a été en usage dès les premiers temps de l'Église*. » Selon l'auteur de la Théologie morale, composée par Tordre du cardinal Le Camus, évêque de Grenoble, « il esrt dit dans les Actes que, quand les apôtres donnèrent la confirmation à ceux de Samarie, qui avaient été baptisés, ils prièrent sur eux afin qu'ils reçussent le Saint-Esprit, et que, leur ayant imposé les mains, ils le reçurent. Saint Augustin^

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