PROPOSITIONS
On rapporte que Bossuet disait que, si on mettait YAugustinus de Jansénius à l'alambic, il n'en sortirait que les cinq propositions. C'est vrai dans un sens. Jansénius veut combattre les ennemis de la grâcQ, Lessius,
tance accidentelle et sans racine, est devenu la base du système de ses modernes interprètes. En général, faute des lumières de la vraie philosophie, les jansénistes ont suivi saint Augustin avec plus de zèle que d'intelligence et de succès. Éd.
Vasquez, Molina, Suarez, Grégoire de Valence. Or, il admet leur principe pour l'état originel, et prétend que le libre arbitre tournait la grâce à son gré dans Adam et dans les anges ; mais, depuis la chute, c'est la grâce qui tourne le libre arbitre.. Dans cette révolution, toute grâce soumise au libre arbitre a péri, toute grâce est efficace, d'où :
1" Quand le juste tombe, c'est qu'il n'a pas le moyen de persévérer ;
2" On ne résiste jamais à la grâce intérieure ;
3* Quoique le juste tombe par nécessité, il ne laisse pas de pécher; s'il se soutient, c'est aussi nécessairement. Ainsi, pour mériter ou démériter, il n'a pas, etc. ;
û-*" Les semi-pélagiens étaient hérétiques, en disant qu'on peut résister à la grâce intérieure;
5*" Jésus-Christ mort pour les seuls élus, c'est-àdire eux seuls ayant des grâces efficaces.
Suivant Jansénius, la nature de la grâce ou du rapport intérieur de Dieu à l'homme a changé par la chute. Avant, la raison humaine serait indépendante de la raison divine; après, elle en est dépendante.
Jansénius a raison de rejeter la grâce suffisante des novateurs, parce qu'elle n'en exige pas d'autre. Mais il a tort de rejeter aussi la grâce suffisante qui en demande une autre, et qui l'obtient dans les justes s'ils déploient tout ce qu'ils ont de force, priant Dieu de les aider à le faire.