‹ Œuvres posthumes de Bordas-Demoulin; publeées, avec une introduction et des notesChapitre 22 sur 209 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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une profession de foi, ne sont-elles pas aussi une invocation de la Trinité? De quelque côté qu'on envisage la confirmation, elle respire partout la prière.

Dans la pénitence, le prêtre, ayant la main droite étendue sur le pénitent, dit : Que Noire-Seigneur Jésus- Christy qui est le souverain pontife^ vous absolve par sa grande miséricorde, et moi, par son autorité, qui m* a été confiée, tout indigne que fen suis, je vous absous... au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Jusqu'au xiir siècle, on n'a employé que la forme précatoire, maintenant comprise dans la première partie ; elle renfermait implicitement la seconde partie qui est indicative; car, en priant, le prêtre absolvait avec l'autorité de son ministère. On crut devoir l'exprimer formellement, à cause de l'opinion, alors naissante, que le pontife déclare seulement que les péchés sont remis et n'en prononce point la rémission. Le tour suppliant ne cesse point de dominer.

Il règne aussi dans l'eucharistie, quoiqu'il n'embrasse point non plus toutes les paroles. Nous vous prions, 6 Dieu, qu*il vous plaise de faire que cette oblation soit en toutes choses bénie, admise, ratifiée, raisonnable et agréable, afin quelle devienne pour nous le corps et le sang de votre très-cher Fils Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui, la veille de sa passion, prit le pain dans ses mains saintes et vénérables, et ayant levé les yeux au ciel, à vous, Dieu^ son Père tout-puissant, vous rendant

as DÉFENSE DES^ POUVOIRS

grâces j le bénite le rompit et le donna à ses disciples en disant : Prenez et mangez tous de ceci, car ceci est rh)ôn corps. De même, après qu'on eut soupe, prenant aussi ce précieux calice entre ses mains saintes et vénérables, et vons rendant pareillement grâces, il le bénit et le donna à ses disciples, disant : Prenez et buvez-en tous, car c'est le calice démon sang de la nouvelle et éternelle alliance, mystère de la foi, qui sera répandu pour vous et pour plusieurs en rémission des péchés. Toutes les fois que vous ferez ces choses, vous les ferez en mémoire' de moi.

Comment se confère la prêtrise? L'évêcpie oint, en forme de croix, les deux mains de celui qui est ordonné, disant : Daignez, Seigneur^ consacrer et sanctifier ces mains par cette onction et notre bénédiction, afin que tout ce qu'elles béniront soit béni et que tout ce qu'elles consacreront soit consacré et sanctifié au nom de Jésus- Christ Noire-Seigneur... Recevez le pouvoir d'offrir le sacrifice, tant pour les vivants que pour les mmts... Il impose les mains une seconde fois et dit : Recevez le Saint-Esprit : les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez^ et ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez. N'oublions pas que Timposition est elle-même une prière. L'ordinatioû des évêques est analogue.

L'extrême-onction consistant en onctions qui se font sur diverses parties du corps et qui sont accompagnées

de prièpes", a trop évidemment la forme précatoire.

Quant au mariage, il existe trois opinions. Suivant Tune, les parties s'administrent elles-mêmes le sacrement. Je vous prends pour ma femmes je vous prends pour mon mari, ou paroles, ou signes équivalents, voilà la matière et la forme : la matière, si on les envisage comme exprimant le don mutuel des personnes ; la forme, si elles sont considérées comme exprimant l'acceptation mutuelle de ce don. Entendu de cette manière, le sacrement de mariage n*a rien de précatoire.

Un autre sentiment, c'est que les paroles ou signes qui marquent le don et l'acceptation du don, ou, comme on dit pour l'ordinaire, le consentement mutuel, sont la matière ; que le prêtre est le ministre, et que la prière qu'il fait, et que voici, en est la forme : Que le Dieu d'Abraham, le Dieu d'/saac et le Dieu de Jacob vous unisse et^vous comble de ses bénédictions, et moi je vous unis, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

(( Dans les anciens rituels, dit Chardon, il n'est fait aucune mention de ces paroles, Et ego conjungo, etc., dans lesquelles plusieurs de nos scolastiques ont prétendu faire consister la forme du sacrement de mariage. C'est de quoi l'on peut s'assurer en jetant les yeux sur les extraits des anciens sacramentaires et rituels que le Père Martène a publiés. Cet auteur dit de pluB que

œs paroles sont omises datas deux rkuds manuscrits de l'abbaye du Beé, dans ua pontifical de Sens de trois cents ans, et dans un ancien rituel de Bourges*. »

De même que dans la pénitence, la partie indicative de la forme sacramentelle, dans le mariage, est moderne. Ici, on ne disait pas plus : Et moi je v(ms uniSy etc. , que là : Et moi je vous absous, etc. L'un comme l'autre s'est introduit sans doute par la cause que j'ai précédemment indiquée.

D'après kt troisième doctrine, le consentement mutuel et ce qui l'exprime constituent l'essence du mariage, qui, par là, se trouve tout à fait indépendant du sacrement. Comme le sacrement ne concourt d'aucune façon à produire l'union matrimoniale, il est seulement destiné à la bénir. La forme est encore la prière que je viens de transcrire, sauf qu'au lieu de dire : Que Dieu vom unisse et mm je vous unis, il faut dire : Que Dieu bénisse votre union et moi je la bénis. La matière sera ou le poêle ou l'imposition des mains, puisque le prêtre en prononçant l'oraison sacramentelle étend la main.

Cette notion du mariage et du sacrement de mariage est la seule véritable. On peut aisément y ramener la première. Il suffit d'admettre que, par leur consentement et les paroles ou signes qui le manifestent, les parties

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