H^ist, des Sacrem,^ t. VI, p
4brNSTITUTIFS DE L'ÉGLISE. 41
contractent simplement leur mariage et*ne s'administrent point de sacrement. Qu^ôn y voie un sacrement» ou qu'on n'y en voie pas, les choses se passent de la même manière. Pour ceux qui y voient un sacrement, elles constituent le mariage ; elles le constituent donc aussi pour ceux qui n'y voient point de sacrement, mais un acte tout naturel. Ensuite le sacrement pourra venir sanctifier cet acte et nullement le modifier.
Dans la seconde notion du mariage, où le consentement n'est que la matière et où le sacrei^ânt est la forme, ce n'est point le consentement qui produit l'union ; c'est le sacrement gui la produit et. non pas seulement qui, la bénit, qui la purifie. Sans lui, point de lien moral entre les parties, point de droit, point de devoir. Il est clair qu'une telle notion est fausse et qu'elle repose sur le principe de la théocratie, qui partout substitue le sacerdoce à la raison. Au reste, le sacrement n'en a pas moins le tour précatoire.
« Pourquoi, dit le Catéchisme de Montpellier, l'Église joint-elle à l'administration des sacrements plusieurs prières et plusieurs cérémonies? » Il répond : « 1. Pour marquer l'effet des sacrements, les dispositions avec lesquelles on doit les recevoir, et les obligations qu'on y contracte; 2. pour demander à Dieu toutes ces choses pour ceux qui les reçoivent*. »
\, Des Sacrem, en général, chap. i.
Voici quelques considérations de Bossuet. Il s'agit de la prière par laquelle on demande l'effet de la consécration : « Nous vous prions, ô Dieu, de bénir cette oblation, de la mettre au nombre de celles que vous approuvez, de l'agréer, d'en faire un sacrifice digne d'être reçu de vous et par lequel nous vous rendons un culte raisonnable et spirituel , en sorte qu'elle devienne pour nous le corps et le sang de votre Fils bien aimé Jésus-Christ Notre-Seigneur ; » prière que les Latins placent avant les paroles consécratoires et que les Grecs mettent après. « Pour établir , dit Bossuet, qu'il y a des dogmes non écrits qu*il faut recevoir comme venus des apôtres avec autant de vénération que ceux qui sont écrits^ saint Basile allègue les paroles de l'invocation dont on use en consacrant V eucharistie^ leS' quelles, dit-il*, ne sont écrites nulle part; car nous ne nous contentons pas, poursuit-il, des paroles qui sont'rap" portées par l* Apôtre et par les Evangiles, c'est-à-dire des paroles de Notre-Seigneur et du récit de l'institution ; mais nous y en ajoutons d'autres devant et après ^ comme ayant beaucoup de force pour les mystères , lesquelles nmis n'avons apprises que de cette doctrine non écrite.
(c Ce témoignage de saint Basile est d'autant plus considérable pour les Grecs, qu'ils lui doivent encore aujourd'hui leur liturgie la plus ordinaire, et nous