De Spirit. sanct, cap. xxvii, n
CONSTITUTIFS DE L'ÉGLISK. 43
voyons clairement que ce Père met les paroles de rËvsmgile pour le fond de la consécration , et celles qu'on dit devant ou après, comme ayant beaucoup de force pour les mystères.
« Nous pouvons comprendre, parmi ces paroles auxquelles saint Basile attribue beaucoup de force, la prière dont il s'agit; et quoi qu'il en soit, pour en entendre la force et l'utilité, il ne faut que se souvenir d'une doctrine constante, même dans l'École, qui est que dans les sacrements, outre les paroles formelles et consécratoires , il faut une intention de l'Église pour les appliquer, intention qui ne peut mieux être déclarée que par la prière dont il s'agit, et qui l'est également, soit qu'on la fasse devant, comme nous, soit qu'on la fasse après, avec les Grecs.
« Savoir maintenant s'il faut croire, comme semblent faire les Grecs d'aujourd'hui, que la consécration demeure en suspens jusqu'à ce qu'on ait fait cette prière, comme étant celle qui applique aux dons proposés les paroles de Jésus-Christ où consiste principalement et originairement la consécration : quoi qu'en puissent dire les Grecs, je ne le crois pas décidé dans leur liturgie. Car l'esprit des liturgies, et en général de toutes les consécrations , n'est pas de nous attacher à de certains moments précis, mais de nous faire considérer le total de l'action pour en entendre aussi Teffet entier. Un exemple fera mieux comprendre ce que je
veux dire. Dans la consécration du prêtre, les savants ne doutent presque plus, après tant d'anciens sacramentaires qu'on a déterrés de tous côtés, que la partie principale ne soit l'imposition des mains avec la prière qui l'accompagne; car elle se trouve généralement, non-seulement dans tous les sacramentaires aussi bien que dans les Pères et dans les conciles , surtout dans le quatrième de Carthage où elle est si expressément marquée*, mais encore dans l'Écriture en plusieurs endroits. C'est ici proprement le fond de la consécration du prêtre. Aussi est-elle appelée de ce nom, conrsécration ou bénédiction^ dans les anciens sacramentaires, comme tout le monde sait. Ce qui toutefois n'empêche pas qu'après cette consécration on ne dise encore, en oignant les mains du prêtre : Que ces mains soient consacrées par cette onction et par notre hénédic^ tion^; comme si la consécration était encore imparfaite. Mais non content de cette nouvelle consécration, si on peut l'appeler ainsi, l'évêque continue encore, et en présentant au prêtre le calice avec la patène, qu'il lui fait toucher, il lui dit : Recevez le pouvoir d'offrir le sacrifice^, comme s'il n'avait pas déjà reçu ce céleste pouvoir et qu'on pût être prêtre sans cela. Que si quelqu'un s'obstine à dire que c'est là précisément qu'il