‹ Œuvres posthumes de Bordas-Demoulin; publeées, avec une introduction et des notesChapitre 38 sur 209 · De Rom, Pontif,, 1. I, cap. xii · texte numérisé non relu

De Rom, Pontif,, 1. I, cap. xii

CONétltUTlFS DE L'ÉGLlSÈ. 78

a dit en cent endroits et enseigner que saiùt Piernè aVàit reçu les fclefs, non comme figUre dé TÉgliëe, mails coitimè seul déj)0sifc8lire de l'autorité de Jésus-Christ} qtie sans rapportée les jJaroles du Sauveui* à l'Église, elles avaietit à l'égard de saint Pierre un sens plein et parfait, puisqu'il avait reçu la plus grande plénitude de puissance ; que ce n'était pas la maison bâtie sur la pîerre , niais ce chef des apôtres, comme étant luimènie la pierre ferme, qui liait et qui déliait , persbnttiè ne liant ou ne déliant qu'autant tju'il aurait biett voulu lui eà feommùniquer le pouvoir. Saint Augustiti n'ayàttt ni Venu ce laû^^^ Aï favorisé ces sentitoeots, il faut examiner si les autres explications appuyées sur la d(>otrine de l'Eglise de FVance et sur celle des théologiens de Paris, ne seront pas plus capables de nous satisfaire. « Toute l'Église de France est persuadée que les évéqùes reçoivent iitoMédiàtement de Jésûs-Christ lîioti-seulement la puissance d'ordre . . . , mais 'encore la jtfri^ cRctfon... La raison fondamentale de ce sentime^it^ c'est que les évêques ont juridiction par le même droit que les apôtres à qui ils succèdent, comme le pape a la primauté par le même droit que saint Pierre dont ri est le successeur. Or, c'est une vérité évidente par l'Évan- ,^le et avouée même par Bellarmin, que l'autorité sacrée n'a pRs été "moins immédiatement cotîimuniquée à tous les apôtres qu'à saint Pierre, quoiqu'elle ait été donnée à saint Piéif^è 'avec prééminence sur chacun des

autres apôtres. Tous ont reçu le Saint-Esprit par le souffle immédiat de la bouche de Jésus-Christ. Tous ont été immédiatement envoyés par lui , <;omme lui-même a été immédiatement envoyé par son Père. C'est à tous les apôtres qu'il a dit : « Tout ce que vous délierez (( sur la terre sera délié dans le ciel , etc. » Et encore : (( Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remets (c trez, etc. » C'est donc aussi de Jésus-Christ immédiatement que les évêques tirent leur autorité... Elle n'est point une émanation de cette plénitude que les ultramontains supposent dans le souverain pontife , mais une participation de l'autorité divine qui réside en Jésus-Christ , prince des pasteurs, prêtre et pontife éternel, chef souverain du corps de l'Église... Les curés, étant successeurs des soixante et douze disciples que Jésus-Christ envoya par lui-même, reçoivent aussi de lui immédiatement leur juridiction. C'est la doctrine constante de la Faculté de Paris , qui a souvent condamné l'opinion contraire. Mais ils ne sont cependant prêtres que du second ordre , tandis que les évêques sont prêtres du premier ordre et par conséquent supérieurs aux autres.

<c Saint Cyprien remarque que les autres apôtres étaient ce que saiot Pierre était lui-même, participant avec lui au même honneur et à la même puissance*,

\ . Hoc erant utique cœteri apostoli quod Petrus , pari consortio praediti honoris et potestatis. De (JniL Eccles,

et il en conclut que les évoques n'ont qu'un même épiscopat, et qu'ils possèdent solidairement et par indivis chacun une portion du pouvoir qui y est attaché*.

C'est cette unité de Tépiscopat qui fait celle de l'Eglise*. Une Église particulière est parfaite quand elle est composée d'un évêque, de prêtres, de diacres et de fidèles ; de ces Eglises particulières il s'en fait une qui est catholique et universelle; et comme de tous les troupeaux il ne se fait qu'un seul troupeau, tous les pasteurs sont aussi comme un seul pasteur. Le pape a certainement la primauté, mais tous les évêques sont premiers pasteurs. Ils peuvent dans leur diocèse ce que le pape peut dans le sien , hors le cas où leur pouvoir est restreint par l'Église, qui en règle l'exercice comme elle règle l'usage que le pape même doit faire du sien. « L'Église, dit saint Jérôme, est fondée sur saint u Pierre, et en un autre endroit de l'Écriture, elle est « fondée sur tous les apôtres. Tous reçoivent les clefs tt du royaume du ciel, et la fermeté de l'Eglise est ap- « puyée sur eux tous ; mais un est choisi entre tous, u afin que l'établissement d'un chef ôte l'occasion qui « pourrait donner lieu au schisme*. »

4. Unitatem firmiter tenere et vindicare debemus, maxime episcopi qui in ecclesiis praesidemus, ut episcopatum quoque ipsum unum atque indivisum probemus... Episcopatus unus est, cujus a singulis in solidum pars tenetur. Ibid,

t, Ecclesia quoque una est. Ibid.

3. Super Petrum fundatur Ecclesia, licet id ipsum in alio loco

« Or ce que saint Jérôme dit de saint Pierre et des apôtres doit êjre entepdu du pape et des évoques. Ce n'a pas été seulement pour le temps des apôjj^es (jfi'uïi chef a été établi pour éviter le schisme; jamais le schisme ne fut moins à craindre entre les pasteurg. C'est pour tous les siècles de l'Église , et le successeur de saint Pierre n'est pas moins le chef du corps des évêques que saint Pierre ne l'a été du collège aposjQlique. La dignité des apôtres ^ passé de même ^\lx jévêques. « A quelques diocèses qu'ils soient sjittachés, u dit encore saint .Jérôit;qe, à Rojfxe ou à Eugubio, à (( Cx)nstantinople oi> ^ Rh.ége, à Al,exandfie ou à Tunis, (( ils méritent le même respect et possèdent le même M Sacerdoce, parce qu'ils sont tous successeu.rs des « apôtres*. »

« Le pape Symmaque a poussé si loin cette unité de

l'épiscopat, qu'il ne fait point difficulté de la comparer

à l'unité adorable de nature, de puissance et de volonté

qui est entre les personnes divines ie la très-sainte Triûité2. »

De cet enseignemeint de l'Église gallicane « résulte un sens très-raisopnuble, s^loip lequel çu doit dirie que

super omnes apostolos fiât, et cuncti claves .regni CQB)orum accipiant , 0t s\ aequo ^uper eos Ëcclesi^ fortitudo solidetur. Tamen propterea unus eligitur, ut, capiie constituto, schismatis tollatur occasio. Lib. I, contra Jovin.

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