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Nous n'identifions ni ne confondons ces deux choses, et une des preuves, c'est la doctrine même que nous soutenons et que le critique attaque. Qu'enseignonsnous? Que l'acte du ministre qui confère le sacrement ne suf&t pas pour que le sacrement ait son effet, qu'il faut encore la prière des justes, et qu'avec la prière des justes on n'aurait point l'effet du sacrement sans l'acte du ministre qui fait la cérémonie sacramentelle ; qu'ainsi les sacrements exigent le concours de deux sacerdoces, l'un extérieur, fondé sur l'ordination , l'autre intérieur , fondé sur la sainteté. A la vérité, puisque les laïques baptisent , ils participent par leur seule qualité d'hommes et sans ordination au sacerdoce ministériel. Mais le sacerdoce intérieur n'en continue pas moins à être distingué du sacerdoce extérieur. Le baptême que le laïque donne, comme le baptême que donne le prêtre , n'a d'effet que par la prière des justes, effet auquel, de même que le prêtre privé de sainteté , ce laïque ne contribue en rien s'il n'est pas saint.
Il nous semble que le mot sacerdoce convient aussi bien à la sainteté qu'au ministère. La sainteté obtenant l'effet, c'est à elle qu'est dû ce qu'il y a de plus grand, ou plutôt de réellement important dans les sacrements et le sacrifice. Le sacerdoce ministériel sera aboli à la fin des siècles, tandis que le sacerdoce de la sainteté offrira éternellement le sacrifice. Saint Jean voit un
CONSTITUTIFS DE LÉGLISE. 7
agneau qui est là comme égorgé, agnum stantem tan^ quam occisum^.
A l'entendre, V Observateur confesse que l'Eglise nest qu'un grand et perpétuel sacerdoce. Quel office lui attribue-t-il ? « Si les auteurs des Essais s'étaient contentés de dire, avec 1^ saints Pères et les écrivains catholiques les plus savante, que l'Église, par Jésus-Christ, qui est le seul véritable prêtre, offre à Dieu perpétuellement le sacrifice et l'encens des prières des saints et les mérites que les justes ont acquis en Jésus-Christ ; que, de cette manière, chaque fidèle, uni è Jésus-Christ comme membre de l'Église, et étant dans la chor rite, est prêtre en ce sens qu'il participe à cette grande et perpétuelle oblation de Jésue-Christ, alors nous eussions adhéré à leur doctrine, qui ne serait autre que la doctrine catholique enseignée par saint Pierre et par saint Jean dans les passages qu'ils ont cités, par saint Ambroise et par un grand nombre de Pères que nous pourrions leur indiquer. Mais si nous comprenons bien MM. Bordas-Demoulin et Huet, ils ne se contentent pas de cette doctrine, et ils attribuent à chaque fidèle en particulier le sacerdoce proprement dit ou le ministère 2. ))
Oui, je le répète, pour le baptême nous attribuons le ministère à chaque fidèle en particulier et même à toute