‹ Œuvres posthumes de Bordas-Demoulin; publeées, avec une introduction et des notesChapitre 50 sur 209 · Mémoire VU, p. 88 et suiv · texte numérisé non relu

Mémoire VU, p. 88 et suiv

CONSTITUTIFS DE LÉGLISE. 103

Boulogne; Labroue, évêque de Mirepoix; Soanen, évêquede Senez, dans le Mémoire^ pour justifier leur appel de la bulle Unigenitus, disent que saint Paul « forme avec les Corinthiens comme une espèce de Concile. »

« Si on conçoit bien le mystère de l'Église et de la communion des saints, dit Quesnel, on comprendra aussi que tout s'y fait en commun et avec le consentement de tout le corps, surtout dans les choses qui se font en son autorité, en son nom et pour le culte religieux qu'il doit à Dieu. Cette parole de saint Ambroise est bien remarquable; « L'Église est une famille, « ime cité, un royaume, où la loi souveraine et la forme « de la justice est de ne s'attribuer rien en particulier, « de posséder tout en commun , de faire tout en com- « mun, de prier en commun, de souffrir en commun; » commune jus omnium, c'est-à-dire que chaque particulier a, de droit, part à tout ce qui se fait de bien dans r Église, et que l'Église a aussi droit à tout ce que fait chaque particulier. C'est pourquoi, quand on prie, soit en particulier ou en commun, on dit, non pas : Pater miy mais Pater noster. Car un seul prie en la personne de toute l'Église et toute l'Église prie par la bouche d'un seul, et s'il voulait parler comme de lui seul et pour lui seul, il ne serait point exaucé. Ce n'est point une

présomption à un chrétien d'appeler Dieu son père, pourvu qu'il ne se l'attribue pas en particulier, mais qu'il le regarde et l'invoque comme le père qui lui est commun avec tous ses frères. Il n'est le père que du corps de son Fils et il faut que chacun de ses membres soit avoué, pour ainsi dire, et autorisé de tout le corps, pour lui parler comme à son père, parce que c'est au nom de tout le corps et de son consentement qu'il lui parle et l'invoque, ecchsiœ contuitu et consideratione te ipse commendaK Faites-vous avouer et autoriser par l'Église, et ne prétendez point être écouté autrement qu'à la faveur de la considération qu'elle a auprès de Dieu son père, et que vous ne pouvez avoir auprès de lui que comme enfant et membre de ce corps mystérieux et divin. Or, dès-là qu'on a reçu la grâce de l'adoption divine par le baptême et qu'on agit dans l'esprit de son Fils, on est avoué et autorisé, pour ainsi dire, par le Père, pour lui parler au nom de son Fils et de son Eglise. )>

« Aurait-on donc pu trouver à redire à une proposition que j'aurais tournée de cette manière : « C'est « l'Église qui a le droit de s'adresser à Dieu pour le {( prier, et c'est par chacun de ses enfants qu'elle « exerce ce droit de lui adresser ses prières, avec le « consentement au moins présumé de tout le corps? »

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