‹ Œuvres posthumes de Bordas-Demoulin; publeées, avec une introduction et des notesChapitre 52 sur 209 · I . Secundùm corpus victima , secundùm spiritum sacerdos · texte numérisé non relu

I . Secundùm corpus victima , secundùm spiritum sacerdos

CONSTITUTIFS DK L'ÉGLISE. 409

dirons amen et alléluia^ non avec des paroles dont le sens passe et s'évanouisse, mais par tout l'amour de notre âme. Car que veut dire amen? Que veut dire alléluia ? Amen signifie cela est vrai; alléluia , louez Dieu. Dieu étant donc la vérité immuable, qui n'a ni défaut, ni progrès, ni affaiblissement, ni augmentation, ni l'ombre même de la fausseté ; mais étant perpétuelle, toujours stable, toujours incorru[)tible , quand nous la verrons face à face, nous dirons: // e^^ vrai^ avec une ardeur tout autre et ineffablement tout autre qu'à présent, où nous ne la connaissons que par la foi et ne la voyons que comme dans un miroir et dans une énigme. Car c'est dire amen que de dire cela est vrai. Nous le dirons avec un rassasiement insatiable. Autant que nous serons insatiablement rassasiés de la vérité, autant dirons-nous avec une vérité insatiable amen. Parce donc que nous verrons la vérité même sans dégoût, mais avec une délectation perpétuelle, et que nous la contemplerons avec une éyidence très-certaine, avec toute l'ardeur de l'amour de cette vérité même, et que nous lui serons unis et attachés par un doux et chaste embrassement, mais tout spirituel, nous la louerons aussi d'une voix toute spirituelle, en disant alléluia. Car tous les citoyens de cette sainte cité, tressaillant de joie, s'inviteront l'un l'autre à louer Dieu spirituellement par la très-ardente cha-

« rite qu'ils auront pour Dieu et pour tous leurs cona citoyens^.

(( Ce consentement de tout le corps de l'Église, dont nos critiques sont alarmés, le voilà qui passe de la terre àans le ciel, où il fait toute l'occupation des saints, où la vue claire et évidente de la vérité tire des cœurs, d'une manière ineffable, ce que la foi de la vérité et la connaissance obscure des mystères tirent de la bouche des fidèles en toute occasion. Saint Augustin en tire contre les Pélagiens une preuve du besoin que nous avons de la grâce. Ils contredisent et ils rendent vaines et inutiles les bénédictions et les prière que nous faisons sur vous, dit-il aux fidèles 2, et le consentement que vous y donnez par là souscription de votre amen. Car votre amen est votre souscription, c'est votre consentement, votre suffrage ^. )>

Qu'est-ce que consentir à ce que font les pasteurs ? Qu'est-ce que Y approuver ^ le confirmer, le ratifier? N'est-ce pas y prendre part ? Les pasteurs exercent les clefs ; l'Église les exerce donc aussi en confirmant cet exercice, mais elle les exerce d'une manière différente. Ainsi, qu'un évêque donne l'absolution : il faut qu'elle

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