‹ Œuvres posthumes de Bordas-Demoulin; publeées, avec une introduction et des notesChapitre 53 sur 209 · Mém. VII, p. 81 et suiv · texte numérisé non relu

Mém. VII, p. 81 et suiv

CONSTITUTIFS DE L'ÉGLISE. Ml

soit ratifiée par tous les autres évoques avec leur pouvoir sacerdotal d'évêque, par tous les prêtres avec leur pouvoir sacerdotal de prêtre, par tous les laïques avec leur pouvoir sacerdotal de laïque qu'ils tiennent du baptême^, comme les évêques et les prêtres tiennent leur pouvoir d'évêque et de prêtre de Tordination. Que l'absolution soit donnée par un prêtre : il faut que tous les évêques, tous les autres prêtres et to\is les laïques la ratifient, chacup avec le pouvoir sacerdotal qui lui est propre. A la vérité, cette ratification n'a pu être formellement énoncée que pour la confession publique et tant que l'Église entière pouvait être présente, c'estrè-dire tant qu'elle se réduisait à celle de Jérusalem. Ensuite ce que chaque Eglise faisait en se conformant à l'Évangile était censé approuvé par les autres. Quant à la confession secrète, le pontife doit agir de telle sorte que si l'Eglise connaissait ce qu'il fait, elle l'approuvât.

Dans l'administration des autres sacrements, dans tous les actes ecclésiastiques, partout règne le concours de tous, (t Quiconque, dit encore Quesnel, entend bien le mystère de l'unité du Christ, c'est-à-dire de l'Église entière composée de tous les fidèles unis à leur Chef qui est dans le ciel et à ses vicaires qu'il a laissés sur la terre pour y suppléer sa présence visible, celui-là n'aura

4. Deponat sacerdotium laïci, id est baptisma. S. Hieronym. Contra Lucifer., c. iv.

pas de peine à comprendre que rien ne s'y fait que dans une union admirable des chefs et des membres, et que tous entrent en participation de tout ce qui s'y fait , mais chacun selon ce qui lui convient par l'institution et la dispensation de Jésus-Christ. Les chefs de ce peuple le font par Tautorité et l'opération eflScace du ministère sacré dont ils sont revêtus ; le peuple même , par l'adhérence, le consentement et l'approbation de tout ce qui s'y fait, soit dans la prière, la louange et le sacrifice adorable, soit dans l'exercice du pouvoir juridique et de tout ce qui dépend de l'autorité dans le gouvernement de l'Eglise ^. »

Quesnel conviendrait sans doute que les pasteurs qui approuvent l'usagé que les autres pasteurs font des clefs, en usent eux-mêmes; car, quoique leur action se borne à un consentement, ils ne cessent point là d'être ministres de l'Église. Alors comment voudrait-il que les laïques n'usassent pas aussi des clefs, eux qu'il dit entrer en participation de tout ce qui se fait dans l'Eglise^ par leur adhérence ^ leur consentement^ leur approbation? Oublie-t-il d'ailleurs que les laïques baptisent, et qu'administrant un sacrement qui délie du péché originel, apparemment ils exercent les clefs? Non-seulement ils les exercent, mais ils le font en premier point, tandis que les prêtres et les évêques qui y

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