‹ Œuvres posthumes de Bordas-Demoulin; publeées, avec une introduction et des notesChapitre 60 sur 209 · Instit. au droit ceci es., t. I, part. U, ch · texte numérisé non relu

Instit. au droit ceci es., t. I, part. U, ch

hérétique ou schismatique, devient le ministre du baptême, et l'enfant est justifié, pourvu que tout se fasse selon les règles et qu'on ne change rien à l'action ni aux paroles qui constituent le sacrement*. »

Tel est au reste le langage de toutes les théologies. Elles n'hésitent point à appeler le laïque, quel qu'il soit, ministre du baptême, partant de l'Église. Or l'Eglise pourrait-elle donner un sacrement sans le sacerdoce de Jésus-Christ ? Vous voulez donc, dira VObservateuTy (( qu'il n'y ait entre les évêques, les prêtres et les fidèles qu'une différence du plus au moins ^ ? » Oui, nous le soutenons, quoique le sacerdoce leur soit communiqué d'une manière totalement différente; et pour y être autorisés, nous n'avons besoin que des lignes de Condren sur l'unité du pontificat, rapportées par vous, il n'y a qu'un instant. C'est en vertu de cette même unité que le ministère extérieur de ceux qui dispensent les sacrements et le ministère intérieur des justes qui les fécondent, ne sont point deux sacerdoces, mais deux modes d'action d'un sacerdoce toujours seul, mais diversement, mais inégalement possédé.

Vous « croyez que c'est par pure délégation que tous les hommes peuvent administrer le baptême? » Supposons-le pour le moment. Ce pouvoir délégué de conférer le baptême en sera-t-il moins un pouvoir sacer-

4. Expos, de la doctr. cbrét., t. III, du Bapt., cb. iv. 2. N^ai, p. 3U.

m DÉFENSE DES POUVOIRS

dotal, si toutefois la délégation ne le ruinait pas? Et un pouvoir sacerdotal quelconque peut-il être autre chose qu'une participation du sacerdoce de Jésus-Christ? Qu'est-ce que l'épiscopat? Une participation extérieure complète. Qu'est-ce que la prêtrise? Une participation extérieure moins pleine. Qu'est-ce que l'humanisme, si j'ose employer ce mot ? Une participation extérieure très-mince. Cependant, telle qu'elle est, de cette participation à celle qui forme la prêtrise , à celle qui forme l'épiscopat, il ne saurait y avoir que du moins au plus.

« Quand bien même, dites-vous, on admettrait que Dieu aurait donné à tous les hommes le pouvoir radical d'administrer le baptême, on ne pourrait conclure de ce droit exceptionnel, la participation des fidèles au ministère ecclésiastique ou au sacerdoce , qui ne sont qu'une seule et même chose. »

Vous voyez au contraire qu'on le conclut parfaitement au cas même où le pouvoir de baptiser ne serait qu'une « pure délégation. » Ce qui vous égare, c'est que vous confondez ce pouvoir avec la manière dont il est communiqué. En général, on ne confère les sacrement qu'avec un pouvoir reçu dans l'ordination. Néanmoins, sans être ordonné, on administre le baptême. De là vient, j'imagine, que cette administration, vous l'appelez un droit exceptionnel. Sans doute il fait exception, en ce qu'il ne se puise point dans un rit. Mais en lui-même, c'est une partie du droit qu'une céré-

monie donne au prêtre en le faisant prêtre ; une partie du droit plus étendu qu'une autre cérémonie donne à révêque , en le faisant évêque, par la raison tant de fois exprimée que c'est le droit ou le sacerdoce de Jésus-Christ.

Aux yeux de Bossuet, « rien n'est égal en absurdité à la maxime que celui qui donne le titre confère aussi la juridiction^ et encore que cette juridiction vient des apôtres et de leurs successeurs qui ont réglé les limites des diocèses, fondé des églises, établi des pasteurs et assigné à chacun un troupeau particulier. Qui ne voit que les apôtres ont à la vérité réglé les limites des diocèses et choisi ceux qu'ils destinaient à être chefs des églises , maïs qifê la juridiction était donnée à ces chefs des églises par Jésus-Christ *^ ? »

Qu'aurait dit Bossuet s'il avait entendu un écrivain catholique parler d'une délégation du pouvoir d'ordre? De là cependant vient aux laïques, suivant YOtserva-leur y le pouvoir de baptiser. Ainsi un évêque pourrait charger un prêtre , un laïque même, d'ordonner des prêtres et des évêques, et un laïque d'administrer, par exemple, la pénitence ou d'absoudre. Et c'est en nous traitant d'hérétiques que ce journal illumine ses lecteurs d'une si saine théologie ?

Le délégantisme anéantit le sacerdoce. Du moment

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