‹ Œuvres posthumes de Bordas-Demoulin; publeées, avec une introduction et des notesChapitre 63 sur 209 · II · texte numérisé non relu

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œmprendre combien il est absurde d'en retrancher toute juridiction. Le mot hiérarchie signifie principauté, comoaandement sacré ; et qui peut concevoir une principauté, un commandement sans juridiction ? Car la juridiction est, suivant la définition des jurisconsultes, le droit de juger inséparable de la qualité de magistrat. Comment saint Denis aurait-il défini la hiérarchie de TÉglise : la disposition et le gouvernement des choses sacrées ? Le caractère imprimé par l'ordination ne peut être conçu si on en sépare toute puissance, puisqu'on le définit une puissance spirituelle active, ce qui a rapport, non-iseulement aux actes de l'ordre, mais aux actes de juridiction sur le corps mystique de Jésus-Christ. Lorsqu'un prêtre est élevé à l'épiscopat, son pouvoir sur le corps mystique devient plus grand. Il ne reçoit pas un nouveau caractère, celui qu'il «vait est seulement tSlendu. Ce n'est pas la juridiction qui est le principe de l'ordre: da l'ordre, au contraire, naît la juridiction. Enfin, ou la juridiction est intrinsèque à la hiérarchie de l'ordre, ou ^lle lui est extrinsèque et accidentelle. Dans ce dernier cas , la hiérarchie de l'ordre est parfaite en elle-même sans aucune idée de juridiction, et on a tort d'appeler la hiérarchie de l'ordre une hiérarchie imparfaite. Si, au contraire, la juridiction est intrinsèque à la hiérarchie de l'ordre , de droit dii;^ , c'est sans fondement^u'on établit une autre espèce de hiérarchie de juridiction.

« Il est très-certain, continue Habert, que la puissance de juridiction est attachée, de droit divin, à tous les ordres hiérarchiques, et il y en a une preuvje invincible. Le prêtre, par exemple, reçoit la juridiction de celui au nom duquel il prononce un jugement. Dieu, dit saint Ambroise, « a communiqué aux prêtres la puis- « sance qu'il a de juger * ; » c'est donc de Dieu que le prêtre tient la juridiction lorsqu'il est ordonné #t qu'il reçoit le Saint-Esprit et la puissance de lier et de délier. Saint Chrysostôme appelle cette « puissance universelle, « céleste, une sentence, un jugement, une principauté « qui dispose de ce qui est dans le ciel, et qui est con- « férée par le Fils de Dieu 2. » Saint Cyrille dit que par ces mêmes paroles « les prêtres sont faits-comme « maîtres de la rémission des péchés , quoifju'il n'ap- « partienne qu'à Dieu par sa nature de remettre les (( péchés. Le législateur seul peut pardonner la viola- « lation de sa loi ^. » Saint Cyprien dit de m^ême que (( les apôtres et leurs successeurs sont aujtorisés par « l'ordpnnance du Seigneur à remettfe les péch^^. »

« Au témoignage des Pères, Habert joint celui du concile de Trente et des théologiens. Ce concile dit que les prêtres reçoivent dans leur ordination le j^ouvoir de

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