Labbe, Concil., t. VIII, p
CONSTITUTIFS DE L^ÉGLfSE. 475
de l'Eglise, et ils n'y contribuent point s'ils ne jugent pas. Comnae les Port-Royalistes nient qu'ils jugent, quoiqu'ils les fassent juger, ils nient qu'ils concourent à l'infaillibilité, tout en les y faisant concourrir.
« Les promesses faites à l'Eglise, dit Petit-Pied , l'assurent d'une double infaillibilité sur ce qui regarde la doctrine de la foi ou des mœurs. Elle est infaillible dans les décisions qu'elle fait par le ministère des pasteurs sur les points qui appartiennent au dogme et à la morale : c'est ce que les théologiens appellent l'infaillibilité de la décision. Elle est infaillible dans la profession commune qu'elle fait des vérités de la foi ou des mœurs, reconnues unanimement par la société en-
. tière des fidèles : c'est ce qu'on appelle l'infaillibilité de la confession commune de la foi.
<( L'infaillibilité de la décision est promise et appartient au corps des pasteurs. C'est par eux que l'Église juge des points contestés sur la doctrine de la foi ou des mœurs, et qu'elle les décide avec une autorité souveraine et irréi'ragable. L'infaillibilité de la profession commune réside dans le corps entier de l'Eglise. C'est par la bouche des fidèles répandus dans le monde que
^ l'Église, sans craindre de se tromper, fait une profession publique des vérités qui font l'objet de la foi des fidèles.
« On doit même remarquer ici un rappprt et un soutien mutuel, en considérant l'ordre que Dieu a établi.
ne DÉFENSE DE» POUVOIRS
L'infaillibilité de décision promise et accordée au corps des pasteurs tend à conserver sans erreur la professioa commune de la foi dans le corps des fidèles ; et réciproquement, la profession commune des vérités de la foi généralement reconnues, en quoi le corps entier des fidèles ne peut errer, éclaire et dirige le corps des pasteurs dans* les jugements qu'ils doivent quelquefois prononcer pour déclarer authentiquement ce que le corps des fidèles faisait déjà profession de croire, ou pour combattre l'erreur opposée. Par exemple, la divinité du Verbe était l'objet de la foi commune des fidèles avant que l'Eglise, dans le concile de Nicée, en eût fait une déclaration expresse et authentique, et la déclaration du concile a servi dans la suite a mettre en sûreté sur ce point la foi commune des fidèles contre une erreur pernicieuse qui s'efforçait de prévaloir dans l'Église K )>
Il y a dans l'Église, suivant Du Saussoi 2, deux sortes •d'infaillibilités : l'une qu'on nomme dctive ou infaillibilité de jugement, et qui consiste à ne pouvoir jamais enseigner aucune erreur, ni former sur le dogme ou sur les mœurs un jugement et une décision contraire à la doctrine de l'Evangile ; l'autre qu'on appelle pas- • mve ou infaillibilité de profession , qui consiste à ne pouvoir jamais recevoir aucune erreur comme un