Ep. ad Theodoritum
défense avec le œnsentement du monde chrétien, est la foi des apôtres dans toute sa pureté et sans aucun mélange d'erreur, et que nous l'annonçons telle qu'elle nous a été transmise^. » Donc^ tous les membres de l'Eglise ont jugé avec le concile.
Dans un des chapitres suivants, on verra un simple laïque, saint Auxentj ne vouloir admettre le concile de Chalcédoine que lorsqu'il en a profondément examiné les décrets.
On se persuade trop facilement qu'il existe une parité absolue entre les conciles œcuméniques et le concile que les apôtres tinrent sur les obsen^ances légales. Ce que ce concile avait décidé , il l'écrivit aux « frères d'entre les Gentils qui étaient à Antioche , en Syrie et en Cilicie ; » Barnabe et Paul furent chargés de leur porter la lettre. Arrivés à Antioche , ils « assemblèrent les fidèles et la leur rendirent, et l'ayant lue, ils furent remplis de joie et de consolation... Paul et Barnabe demeurèrent quelque temps à Antioche, où ils enseignaient et annonçaient avec plusieurs autres la parole ^ du Seigneur. Paul dit à Barnabe : Retournons visiter nos frères dans toutes les villes où nous avons prêché la parole du Seigneur, pour voir en quel état ils sont. . . Il s'éleva entre eux une contestation qui fut cause qu'ils se séparèrent l'un de l'autre; Barnabe prit Marc
1 . Ep. 77. Version de Leroy, qui a traduit la Défense de la Déclaration de \ 68i de Bossuet.
avec lui et 6l voile pour aller en Chypre ; et Paul ayant choisi Silas, partit avec lui, après avoir été recommandé à la grâce de Dieu par les frères. Il traversa la Syrie et la Cilicie, confirmant les églises et leur ordonnant de garder les règlements des apôtres et des prêtres... A Lystre, Paul prit Timothée avec lui. Or, dans les villes où ils passaient, ils recommandaient aux fidèles de garder les ordonnances faites par les apôtres et par les prêtres qui étaient à Jérusalem. Ainsi les églises se fortifiaient dans la foi et croissaient en nombre de jour en jour^. »
Il est visible que c'est à des églises en germe que saint Paul , Silas et Timothée prescrivent de suivre les canons du concile de Jérusalem, églises que les apôtres travaillent à développer et qui ont plus besoin d'être enseignées qu'elles ne sont propres à enseigner. Puis, quoique les apôtres aient jugé avec des prêtres et des laïques , ils n'ont point dépouillé leur infaillibilité personnelle, et il serait fort étrange qu'on se permît d'examiner des décrets où ils ont eu la principale part. Mais depuis les apôtres, aucun membre ni aucune portion quelconque de l'Église n'est infaillible; ce privilège n'appartient qu'à l'Église tout entière, et les résolutions des conciles s'adressent à des églises formées , et non pas à de^ églises naissantes qu'il faille