‹ Œuvres posthumes de Bordas-Demoulin; publeées, avec une introduction et des notesChapitre 95 sur 209 · Lettre II* d'un théologien à M. de Soissons, p · texte numérisé non relu

Lettre II* d'un théologien à M. de Soissons, p

cipal qu'il y a établi; mais c'est que, comme il peut arriver et qu'il est réellement arrivé qu'une assemblée nombreuse et convoquée au nom de l'Église, n'agisse cependant pas par son esprit , il est nécessaire de se fonder , non pas sur ses propres lumières, mais sur le consentement de l'Église même, pour pouvoir discerner les assemblées qu'elle avoue et qu'elle approuve comme ayant parlé en son nom, d'avec celles qu'elle désavoue et qu'elle ne juge pas dignes de son approbation. Ainsi, c'est par ce consentement ou cette approbation de l'Église que nous distinguons les véritables conciles généraux d'avec ceux de Rimini et d'Éphèse, dont la convocation avait été générale, mais dont l'issue n'a pas été canonique. »

Les conciles généraux étant composés des députés de V Eglise y et l'Église étant la propriétaire des pro^ messes et de l'infaillibilité, si les conciles généraux sont d'eux-mêmes infaillibles , il faut que l'Église délègue aux députés la propriété des promesses et de l'infaillibilité. On a vu qu'Agier se fonde pareillement sur le délégantisme, qui est un principe absurde.

De ce que Jésus-Christ aura proviis de demeurer toujours avec r Église, en résulte-t-il qu'il se soit cngagé à donner au concile œcuménique une assistance telle qu'il ne puisse errer ? Oui , si le concile renfermait tous les évoques, tous les prêtres, tous les fidèles. Mais comme ils ne s'y trouvent qu'en minime partie, la pro-

messe faite à l'Église ne saurait embrasser le concile, et pour qu'elle s'accomplisse, il suffit qu'en adoptant le concile l'Eglise ne se trompe point.

Sans doute, les conciles généraux reçoivent leur autorité de Jésus-Christ. Mais les conciles particuliers tiennent aussi de lui leur autorité ; sont-ils pour cela infaillibles? D'où vient l'autorité de l'évêque, l'autorité du prêtre, sinon de Jésus-Christ? En conclura-t-on que l'un, que l'autre est infaillible?

Quel est le concile général que l'Eglise approuve comme ayant parlé en son nom^ agi par son esprit? C'est, je présume , celui qui ne s'est pas trompé. Ainsi ce qui différencie le concile réellement œcuménique et celui qui ne l'est qu'en apparence, c'est que le premier déclare la vérité , et que le second déclare l'erreur. Or, qui en juge souverainement? C'est l'Église. Donc ri^lise seule est infaillible.

L'auteur continue : « On ne dit donc pas simplement aux fidèles , comme l'a fort judicieusement remarqué M. Nicole *, qu'ils doivent déférer à tout concile se disant universel ; mais on leur dit qu'ils doivent déférer à tout concile universel légitime et qui a les conditions requises. Or, sans s'embarrasser de l'examen de ces conditions, ils ont une marque évidente que le concile qui se dit universel doit être reçu pour tel ,

- 4. Prétendus Réf. conv. de schisme. Part. II, ch. vu, p. 83.

dans racoeptatioD qu'en fait TÉgiise. Avant cela l'autorité des conciles n*est pas encore notoire aux sim^ pies, et après cela ils n'en peuvent plus douter, puisque ce consentement même serait capable de rectifier le défaut de formes qm se serait rencontré dans les conciles. » Je demande comment l'acceptation pourrait rectifier

le défaut de formes, si elle ne porte pas sur le fond?

Du Saussoi reprend : « C'est ce qui faisait dire au pape Gélase que par un synode légitime il fallait entendre « celui qui avait prononcé en faveur de la foi et « de la communion catholique,, conformément aux a saintes Ecritures, à la tradition des saints Pères et n aux règles ecclésiastiques, qui est reçu de toute « l'Église, et surtout approuvé du siège apostolique. ». Il ajoutait que « le premier siège était dans une plus « étroite obligation que tout autre d'exécuter les dé- (( crets, 9 non pas de toutes sortes de conciles, mais « de ceux qui sont approuvés par le consentement de a l'Eglise universelle*. »

Sur ce passage déjà cité en partie , nous avons observé que les paroles de Gélase impliquent l'examen du fond aussi bien que de la forme. Autrement, pour* quoi mentionner la conformité à r Ecriture, à la tradition des Pères, et ne pas se contenter de la conformité aux règles ecclésiastiques ?

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