‹ Œuvres posthumes de Bordas-Demoulin; publeées, avec une introduction et des notesChapitre 96 sur 209 · Ep. ad episc. Dardanias. Labbe, t. lY, p · texte numérisé non relu

Ep. ad episc. Dardanias. Labbe, t. lY, p

«Oî * DÉFENSE DES POUVOIRS

Du Saussoi ^ emprunte à Dupin une raison illusoire : « Il en est^ dit celui-ci, du concile comme des livres canoniques. Ce n'est pas l'Église qui rend l'Écriture infaillible, c'est l'inspiration du Saint-Esprit; mais c'est rÉglise qui déclare qu'un tel livre est canonique ou divinement inspiré. Il en est de même des décisions des conciles généraux. Ce n'est pas l'acceptation de l'Église qui les rend infaillibles , c'est l'assistance du Saint-Esprit que Dieu a promis à son Église et au concile général qui la représente. Mais l'Église déclare , par son acceptation, qu'un tel concile est général, et quand l'Église reçoit un concile comme général, elle regarde ses décisions en matière de foi comme infaillibles*. »

Dupin suppose que les conciles généraux ont une infaillibilité propre comme l'Église. Je crois avoir suffisamment démontré le contraire. Je me borne à rappeler la preuve la plus sensible. Admettez l'infaillibilité des conciles œcuméniques, et tous les membres de l'Eglise qui n'y assistent pas, cessent d'être juges. Pour ne parler que des évêques, je ne sais si le concile de Trente en compta plus de deux cents; donc tous les autres, c'est-à-dire les deux tiers ou les trois quarts, n'eurent point le droit d'examiner les décisions de ce tiers ou de ce quart, qui seul forma l'Église

4. Letrre U* d'un théol. à M. de Boissons. 2. Doct. chrét., p. 328.

et jouit du privilège que ^ tous les évêques, tous les prêtres et les laïques ont ensemble reçu de ne point errer. Qui croirait à un tel prodige?

Quand il a fallu savoir si un ouvrage appartenait à la révélation et qu'on a découvert d'où il venait, la question a été résolue. Mais si on n'a pu le découvrir, quel autre moyen restait-il que d'apprécier la doctrine? C'est ainsi, sans doute, qu'on élagua de la liste des Écritures les faux évangiles publiés sous les noms de Pierre , de Thomas, de Matthias, et les actes d'André, de Jean et des autres apôtres, dont parle Eusèbe^.

<( Cette approbation^ dit Du Saussoi, par laquelle l'Eglise doit nous manifester les conciles légitimes..., ne regarde pas seulement les évéques qui n'auraient point eu de part à la décision, elle ne regarde pas seulement les pasteurs inférieurs, dont l'accord doit être unanime avec les premiers pasteurs, en un mot elle ne regarde pas seulement le corps des pasteurs, mais elle doit être émanée du corps entier de l'Église prise dans son universalité, en tant quelle comprend en corps tous les ordres qui la composent , pape^ évéques ^ prêtres et laïques ; parce que cette approbation doit caractériser la doctrine de tout le corps, et par conséquent elle doit être émanée de tout le corps... J'ai' dit que l'acceptation de l'Église devait être émanée

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