Lettre H* d'un théoK, p. 45, 46 et
celle des pasteurs, auxquels vous ne les égalez point*.
Agier professe sans détour que les laïques ont droit de juger de la foi ; Du Saussoi Tavoue pour ainsi dire, tout en le niant.
« Les fidèles, dit-il, doivent* avoir beaucoup de zèle contre les nouveautés pernicieuses qu'on voudrait introduire dans la foi et dans la morale, et conserver un attachement sincère et inviolable à la doctrine qu'ils ont apprise dès leur enfance, et qu'ils ont sucée avec le lait de la religion ; ils ne doivent pas souffrir qu'on leur enlève ce précieux dépôt de la foi qu'ils ont reçue et dont ils rendront à Dieu un^ compte exact , et ils doivent beaucoup s'éloigner de ceux qui la mettent en danger, en condamnant le langage et les expressions dont elle se sert.
(( Ils ne doivent pas se laisser éblouir par les grande termes d'obéissance et de soumission au pape, dont on se sert pour engager les simples dans l'erreur, et pour les attacher par une conduite aveugle à une Constitution doit il ne connaissent pas assez le mal. L'obéissance ne peut jamais obliger à recevoir ce qui vient de quelque supérieur que ce soit, fût-ce un -apôtre ou un ange , lorsque cela est contraire à la loi de Dieu et a l'esprit de la religion : elle ne doit donc point faire recevoir une bulle qui est récusable par tant
4 . L'auteur avait écrit en marge : « Ceci a peut-être besoin d'être développé. » Éd.
de raisons, et cette désobéissance prétendue dont les constitutionnaires accusent les opposants, est purement chimérique * . »
Comme Agier, Du Saussoi et les autres soustraient
à Texamen les décisions des conciles généraux. De même que lui, ils se fondent évidemment sur une prétendue délégation. Fénelon a saisi la vérité : « Le concile n'est pas T Eglise, mais seulement sa représentation, comme il a souvent été dit, tant dans le concile de Constance que dans celui de Bâle ; c'est-à-dire que les évéquôs qui assistent au concile, y sont députés par toutes les Églises de toutes les nations catholiques, pour, au nom de l'Église universelle, déclarer ce que cette Église universelle pense et quelle est sa tradition. Ces légats sont donc ainsi les mandataires de toutes les Eglises, et il leur est défendu d'excéder en quoi que ce âoit leur mandat. D'où il est évident, que si cinq cents évêques, comme nous en avons des exemples dans l'assemblée de Rimini et dans celle de Constantinople contre les images, excédaient leur mandat de déclarer la foi commune, l'Église universelle, dont ils sont seulement les mandataires et les simples représentants, ne ratifierait pas leur définition et la rejetterait au contraire. Il est clair comme le jour qu'à l'Église universelle seule appartient d'envoyer librement et à son