‹ uvres posthumes de F. Lamennais (volume 2)Chapitre 12 sur 131 · Traduction de M. Delécluse · texte numérisé non relu

Traduction de M. Delécluse

INTRODUCTION. xxv

quelle, dit-il. « beaucoup de personnes, ne sachant comment la nom- « mer. ont donné le nom de Béatrice. »

Neuf ans après, il la rencontre « vêtue d'un habit de blancheur « éclatante , et placée entre deux nobles dames un peu plus âgées « qu'elle. Elle le salue d'un salut si doux , qu'il croit toucher au « terme de la béatitude. »

Rentré chez lui , il a une vision à la quatrième heure de la nuit. Récit de cette vision , bizarrement allégorique :

« J'en ressentis, ajoute-t-il. une si vive angoisse de cœur, que « mon sommeil , qui n'était que léger, fut interrompu . et je m'é- « veillai. Aussitôt je repassai dans mon esprit ce qui m'était ap-

« paru, et je pris la résolution de faire connaître ce que j'avais

« mi à plusieurs personnes, qui alors étaient des troubadours « fameux : et comme déjà j'avais fait expérience de dire des paroles « en rimes, je décidai de composer un sonnet dans lequel je salue- « rais tous les Fidèles d'amour. Les priant donc de juger ma vision, « je leur écrivis ce qui m'était apparu pendant mon sommeil, et « commençai ce sonnet :

« A chaque âme éprise, à tout noble cœur à qui ce sonnet parti viendra, afin qu'ils en disent leur avis, salut! au nom de leur « seigneur, c'est-à-dire Amour.

« Le tiers des heures pendant lesquelles les étoiles sont le plus « brillantes étail passé, quand Amour m'apparut tout à coup: « Amour dont l'essence me remplit de crainte quand j'y repense.

« Amour me semblait gai, tenant mon cœur dans sa main, et « soutenant dans ses bras une dame endormie et enveloppée dans « un voile.

« Puis il la réveillait, et faisait repaître humblement la dame « épouvantée, de ce cœur si ardent; après, je le voyais fuir en « pleurant ' . »

Guido Cavalcanti . Cino da Pistoïa, Dante da (Maïano,) Davanzati , Orlandi, Doni, répondirent à ce sonnet par d'autres sonnets plus obscurs encore. Tous étaient i\ç^ hommes graves. S'amusaient-ils à échanger entre eux des énigmes inintelligibles? il est impossible de le penser. Ces images, ces allégories, si sérieuses à leurs yeux, recouvrent évidemment quelque secret perdu pour nous , probablement un secret politique.

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