‹ uvres posthumes de F. Lamennais (volume 2)Chapitre 18 sur 131 · Essais., liv. u. eh. xn · texte numérisé non relu

Essais., liv. u. eh. xn

■2. Répub., liv. iv; ch. n.

3. Lorsque, retenu prisonnier dans le château le Garisbrook3 il tenta de s 'eu évader, un astrologue fut consulté sur l'heure la plus favorable à cette évasion. Johnson. Life of Butler.

INTRODUCTION. xxxv

n'est point de système de fatalité et de nécessité dont elle ne sorte comme une conséquence rigoureuse, et que nul matérialiste ne saurait logiquement la rejeter. Car, si tout est matière, et si tout "est lié dans une suite éternelle de causes et d'effets s'engendrant l'un l'autre selon des lois physiques, immuables, nécessaires, rien dans les phénomènes de tous les ordres , rien dans les événements dont se compose la vie des individus et celle des peuples, qui , de proche en proche, ne remonte, comme à sa cause originaire, aux grands corps circulant dans l'espace ; rien qui ne subisse leur influence plus ou moins directe , et n'en soit l'effet fatalement prédéterminé.

La philosophie de Dante et de son temps se proposait un autre problème que se sont également proposé toutes les philosophies ; car. en ce qui touche l'univers , il n'en est point de plus général ni de plus fondamental ; et lorsqu'on vient à y regarder attentivement, on est surpris de voir combien se ressemblent, au langage près, les solutions qu'on en a données.

Dans ce que la nature présente à notre vue on reconnaît d'abord deux choses essentiellement distinctes : un fond commun étendu . divisible, que la pensée peut séparer de toute détermination spécifique et différentielle; des êtres déterminés, et différents les uns des autres par des qualités et des propriétés spécifiquement diverses. D'où la nécessité de concevoir deux principes, qui, sous quelque nom qu'on les désigne . correspondent à ce que les Scolastiques , dont la doctrine est celle de Dante, appelaient matière ' et forme. La matière homogène, inerte, recevait dans chaque sphère les vertus qui , transmises par les sphères supérieures, l'informaient , c'est-à-dire produisaient, en s'unissant à elle, les formes diverses ou les êtres divers que spécifient ces formes; ou , comme on parlait encore, ces causes formelles de la configuration extérieure et de la nature intime de chaque être.

Chez les anciens, quelques sectes philosophiques avaient cherché à expliquer la variété dans l'univers, sans recourir à deux principes distincts. Elles n'admettaient que la seule matière dont les parties infiniment petites, animées d'un mouvement primitif, formaient en se combinant les innombrables corps de figures et de qualités diverses, lesquels, dès lors, composés d'atomes similaires, ne différaient entre eux que par l'arrangement de ces atomes. Mais cette

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