‹ uvres posthumes de F. Lamennais (volume 2)Chapitre 32 sur 131 · Qui, lucis perosi, projecère animas. Yirg · texte numérisé non relu

Qui, lucis perosi, projecère animas. Yirg

lxxyiii INTRODUCTION.

« Celui de devant: Accours, accours, ô mort! Et l'autre, à qui « trop il paraissait tarder : — Lappo. si prudentes ne furent pas

« Tes jambes aux joutes de Toppo '. Et puis, l'haleine lui man- « quant peut-être 2, de soi et d'un buisson il fit un seul groupe.

« Derrière eux la forêt étajt pleine de chiennes noires, affamées et « courant comme des lévriers qu'on vient de détacher.

« Dans- celui qui s'était tapi , elles en foncèrent les dents et le déchi- « rèrent pièce à pièce , puis emportèrent ces lambeaux palpitants. »

A ces sombres horreurs succèdent des sentiments qui reposent l'âme et l'attendrissent. Sur une berge à l'abri des flammes . Dante traverse une plaine où, en longue file, courent les pécheurs que frappent des traits de feu. Il est reconnu avec étonnement par son ancien maître, Brunetto Latini, qui d'en bas l'arrête par le pan de sa robe, et s'écrie : — 0 merveille 3 !

a Lorsque vers moi il étendit le bras, sur cette face grillée par le « feu je fixai tellement mon regard , que le visage brûlé n'empêcha « point

« Mon entendement de le reconnaître; et. vers sa face abaissant « la main , je répondis : — Êtes-vous ici , ser Brunetto ?

« Et lui : — O mon fils, ne te déplaise qu'un peu en arrière avec « toi reste Brunetto Latini , et laisse aller la file.

« Je lui rJis : — Autant que je peux . je vous en prie; et si vous « souhaitez qu'avec vous je m'asseye, je le ferai, s'il plaît à celui « avec qui je vais.

« — O mon fils , dit-il , qui de ce troupeau s'arrête un instant gît « ensuite cent années sans se mouvoir sous le feu qui le frappe.

« Va donc, et je t'accompagnerai; puis je rejoindrai ma bande « qui va pleurant son dam éternel.

« Je n'osais descendre de la berge pour marcher près de lui . « mais je tenais ma tête baissée comme un homme qui chemine « humblement.

1. Lappo de Sienne, au combat de Toppo, où les Siennois furent défaits par les Arétins, se jeta en désespéré au milieu des ennemis , et se fit tuer.

2. Comment l'haleine p:ut-elle manquer à une ombre? C'est précisément pour cela, que cette circonstance, immédiatement, fait de Lappo un personnage vivant, et que, pour le lecteur comme pour Dante, la scène s'empreint d'un caractère saisissant de réalité, et devient si dramatique.

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