Purgat., ch. vi, terc
en INTRODUCTION.
Peignant à grands traitsies désordres auxquels elle est en proie, il en accuse l'Empereur qui, retenu loin 'd'elle par l'avidité d'acquérir là-bas, l'abandonne aux factions que ne contient aucun frein. Dans une apostrophe véhémente, il mêle la prière, l'invective; il adjure, il supplie, et montre au monarque infidèle « sa Rome qui pleure. « veuve, seule, et jour et nuit l'appelle: Mon César, pourquoi me « délaisses-tu1? »
Si désolés sont ses accents , si profondes ses angoisses , qu'on le prendrait lui - même pour une de ces âmes en peine qui peuplent les royaumes sombres. Emportée comme la feuille que roule un tourbillon, sa pensée fiévreuse parcourt en tous sens l'Italie, et partout n'y voit que des tyrans. Alors, l'espérance défaillant en lui, il jette un cri vers Dieu , il lui demande si ses regards sont tournés ailleurs, ou si, dans l'abîme de ses conseils, tant de maux seraient la préparation de quelque bien entièrement hors de notre prévoyance. Puis, tout à coup, voilà que sa Florence lui apparaît. Avec un rire amer, il la félicite des biens dont elle jouit, justice, richesse, paix, intelligence, et dans la poitrine oppressée d'où sortent ces poignantes ironies, ces sarcasmes aigus comme la lame d'un stylet , on sent palpiter le cœur du citoyen , les regrets, les colçres, les tendresses désolées du pauvre banni.
Ces passions de la terre dans le séjour des morts , en variant le ton du poëme , soutiennent l'intérêt et ramènent l'esprit à ce sujet caché sous la lettre, qui, dans la pensée de l'auteur, de l'homme de parti , du proscrit, était le principal , peut-être.
Poursuivant sa route, il arrive vers le soir au bord d'un vallon où, dans l'attente de la patrie à laquelle elles aspirent, se reposent, en chantant des hymnes pieux , quelques âmes pèlerines. Rien n'égale la suavité, l'harmonie ravissante des vers où le Poëte, comparant ce qui se passe en ces âmes élues à ce que ressent loin des siens le voyageur, lorsqu'au déclin du jour peu à peu les objets se voilent, peint le calme mélancolique et doux des lieux, de l'heure, des souvenirs, des désirs qu'elle réveille.
Era già l' ora che volge il disio A naviganti e intenerisce '1 cuore, Lo di c' han detto a1 dolci amici addio : E che lo nuovo peregrin d'amore