‹ uvres posthumes de F. Lamennais (volume 2)Chapitre 5 sur 131 · Enf., di. xv, terc · texte numérisé non relu

Enf., di. xv, terc

INTRODUCTION. xv

Il visita dans sa jeunesse les universités de Bologne et de Padoue, peut-être durant son exil celle de Crémone et de Naples, mais certainement celle de Paris, où il s'appliqua particulièrement à l'étude de la théologie f.

On a dit que, jeune encore, il entra dans l'ordre des Frères mineurs, et qu'il le quitta avant d'avoir fait profession. Mais ce fait, rapporté par un seul biographe 2, est plus que douteux.

Pressé par ses amis de se marier, il épousa Gemma, de la famille des Donati. Si l'on en croit Boccace, que d'autres contredisent sur ce point, le caractère fâcheux de Gemma rendit cette union peu heureuse. Dante eut d'elle six enfants, cinq fils et une fille, qui reçut le nom de Béatrice. Elle prit le voile dans le couvent délia Uliva de Ravenne. Trois de ses fils moururent jeunes. Pierre, l'aîné, acquit quelque réputation comme légiste, et écrivit, ainsi que son frère Jacopo, un commentaire sur la Divina Commedia.

En des temps aussi agités que ceux où vivait Dante, il était impossible qu'il ne prît pas part aux affaires publiques. Né d'une famille Guelfe, il combattit à Campaldino contre les Gibelins, auxquels, proscrit par ces mêmes Guelfes, il s'unit dans la suite. On le retrouve encore dans la guerre contre les Pisans. Egalement distingué par sa prudence et sa fermeté, on le consultait a\cc empressement dans les conjonctures importantes. Suivant quelques-uns de ses biographes, il fut quatorze fois emvoyé comme ambassadeur près de différents princes, et, en 1300, du 13 juin au 15 août, on le trouve au nombre des Prieurs, la première dignité de la république. Ce fut la source des malheurs de tout le reste de sa vie.

Florence était alors divisée entre deux puissantes familles, toutes deux Guelfes, les Donati et les Cerchi, dont la mutuelle animosité remplissait la ville de désordres et de rixes sanglantes. La discorde fut encore augmentée par les Noirs et les Blancs de Pistoie, qui vinrent à Florence soumettre leur différend à l'arbitrage du sénat. Les Blancs s'allièrent avec les Cerchi, les Noirs avec les Donati. Dans une assemblée secrète tenue par les Noirs dans l'église de la Trinité, il fut résolu qu'on prierait le pape Boniface VIII d'inviter Charles de Yalois, frère de Philippe le Bel, à marcher sur Florence pour apaiser les troubles et réformer l'État. Cette démarche irrita justement les

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