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INTRODUCTION. cxi
A veder la vendetta , che nascosa Fa dolce Y ira tua nel tuo segreto !
« 0 mon Seigneur ! quand joyeux verrai-je la vengeance cachée « dont jouit en secret ta colère '. »
Au moment où Dante et son guide vont quitter le cercle des Avares, le mont tremble comme s'il s'écroulait, et de toutes parts retentit ce chant : Gloria in eœcelsis Deo ! Ce tremblement du mont annonce la délivrance d'une âme, et l'âme actuellement délivrée est celle de Stace, avec lequel, en conversant, ils poursuivent leur route.
« Mais tôt rompit le doux discourir un arbre qu'au milieu du « sentier nous trouvâmes, chargé de pommes à l'odorat suaves et « bonnes.
« Et comme le sapin , de rameau en rameau , se rétrécit en s'élev vant, ainsi cet arbre en descendant, afin, je crois, que dessus « nul ne monte.
« Du côté où le chemin était fermé, tombait du roc élevé une eau « claire, qui se répandait d'en haut sur les feuilles 2. »
Tandis que Dante, distrait par ces objets nouveaux, tenait les yeux fixés sur le vert feuillage ,
« Tout à coup voilà des voix gémissant et chantant : Labia mea « Domine, de manière qu'à l'ouïr on ressentait plaisir et douleur.
« — 0 doux Père, qu'est-ce que j'entends? dis-je; et lui : — Des « ombres qui peut-être vont se dégageant du lien de leur dette.
« Comme des voyageurs pensifs, rencontrant en chemin des gens « inconnus, vers eux se tournent sans s'arrêter;
« Ainsi derrière nous, revenant avec vitesse et nous dépassant, « étonné je regardais une troupe d'âmes silencieuse et dévote.
« Toutes avaient les yeux ténébreux et caves, la face pâle, et le « corps si décharné, que sur les os la peau se collait3. »
Perpétuellement elles tournent dans le cercle où , tourmentées de la soif et de la faim , passant et repassant devant l'arbre chargé de fruit et arrosé d'une eau limpide, leur désir excité toujours, jamais satisfait , est la peine qui les purifie du péché de gourmandise.