‹ uvres posthumes de F. Lamennais (volume 2)Chapitre 59 sur 131 · Purgat., ch. xxiv, terc · texte numérisé non relu

Purgat., ch. xxiv, terc

INTRODUCTION. cxm

« gnons, et doucement va, jusqu'à ce que la poitrine ait cessé de a haleter ;

« Ainsi Forese laissa partir le saint troupeau , et derrière moi il « venait , disant : — Quand te reverrai -je?

« — Je ne sais, lui répondis-je, combien j'ai à vivre; mais ne « sera , certes, si prompt , que par mon vouloir plus tôt je ne sois « à la rive;

« Car le lieu où pour vivre je fus mis, de jour en jour plus maigre « de bien , parait près d'une triste ruine.

« — Or, va , dit -il ; celui à qui le plus en est la faute, je le vois « à la queue d'une bête, traîné vers la vallée où jamais ne s'efface « la coulpe ;

« La bête , à chaque pas , va plus vite , et toujours plus vite, jus- « qu'à ce qu'elle le brise, et laisse le corps hideusement broyé'. »

Au-dessus de ce cercle est celui où les âmes , dans le feu et la soif, expient le péché de Luxure. Avant d'aller plus loin, il faut que Dante lui-même traverse le feu purificateur, et, comme saisi de crainte, il hésite ; Virgile l'encourage, en disant: « Mon fils, entre « Béatrice et toi est ce mur2. » Puis, le précédant, et priant Stace de le suivre, ils entrent dans la flamme qui brûle sans consumer.

« Ouand je fus dedans, dit le Poëte, je me serais jeté dans du a verre bouillant pour me rafraîchir, tant l'ardeur était là sans « mesure5. »

Guidés par une voix qui chantait : Venez, bénis de mon Père* , les voyageurs arrivent là où l'on montait. La voix les avertit de ne se point arrêter, mais de hâter le pas , tandis que l'Occident ne se noircit pas encore. Toutefois, malgré leur diligence , atteints par la nuit, chacun d'eux se fait un lit d'un des degrés de l'escalier taillé dans le roc , de sorte qu'entre les parois on ne découvre qu'un espace resserré du ciel. Pendant que, par cette étroite fente , il regarde les étoiles, « plus brillantes et plus grandes que d'ordi- « naire elles ne le paraissent , » Dante est pris de sommeil , et voit en songe une dame jeune et belle cueillant, dans une prairie, des fleurs pour en faire une guirlande. Elle se nomme elle-même dans un chant plein de grâce et de douceur : c'est Lia , symbole de l'ac-

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