‹ uvres posthumes de F. Lamennais (volume 2)Chapitre 62 sur 131 · Ibicl., terc · texte numérisé non relu

Ibicl., terc

cxvi INTRODUCTION.

et se divise en deux fleuves appelés Léthe et Eunoé. Le premier p 3£ de une vertu qui ôte la mémoire du péché; l'autre rend celle du bien qu'on a fait.

« Les antiques poètes qui chantèrent l'âge d'or et ses félicités sur

le Tarnasse, songèrent peut-être de ce lieu.

Innocente ici fut l'humaine racine; ici un printemps perpétuel « et toutes les sortes de fruits: ce fleuve est le Nectar dont tous

parlent1. »

Cela dit. « chantant comme une femme éprise d'amour: Beati « quorum tecta sunt peccata*,

« Elle se mut. remontant le fleuve le long de la rive, et moi comme

elle . — dit le Poète. — à petits pas suivant ses petits pas :

« Et entre les siens et les miens, il n'en était pas cent, lorsque

les Lords également se courbèrent , de sorte que je marchai vers h le Levant.

« Longtemps ainsi nous n'avions pas cheminé, quand la Dame

vers moi se tourna . disant : — Mon frère, regarde et écoute. Et voilà que. soudain, traversa de toutes parts la grande forêt

une lueur, telle que je doutai si ce n'était pas un éclair. Mais comme l' éclair brille et s'éteint au même instant, et que

cette lueur durait, resplendissant de plus en plus, en mon penser « je disais : — Qu'est ceci?

b Et dans l'air lumineux s'épandait une douce mélodie, d'où.

pris d'un juste zèle, je gourmândai la hardiesse d'Eve, pensant Que là où obéissaient la terre et le ciel, une femmelette seule,

et qui venait d'être créée, ne souffrit pas d'être enveloppée d'un « voile,

« Sous lequel si . pieuse . elle était restée . je jouirais de ces

ineffables délices, goûtées une première fois et bien d'autres fois.

« Tandis que. ravi, j'allais à travers tant de prémices du plaisir 1 éternel, et désirant plus de joies encore.

« Devant nous Pair devint tel qu'un feu ardent, sous les verts o rameaux: et déjà comme un chant le doux son était entendu3. »

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