‹ uvres posthumes de F. Lamennais (volume 2)Chapitre 63 sur 131 · Purgat.3 ch. xxix, terc · texte numérisé non relu

Purgat.3 ch. xxix, terc

INTRODUCTION. cxvn

On vient de lire les dernières lignes tracées par la plume éloquente de Lamennais. Au seuil de la seconde Cantique et de la troisième, s'arrête, scellé pour jamais des mains de la mort, le plus magnifique commentaire que la Trilogie Dantesque ait dû à ses innombrables interprètes.

Fallait-il laisser inachevé, tel qu'il était resté dans les mains glacées du laborieux ouvrier, ce monument impérissable? Et, si on voulait, non certes le parfaire, mais du moins en marquer jusqu'au bout le dessein primitif, en indiquer le plan , — comme font les adeptes dans Fart de "Vitruve et de Palladio, quand ils restituent un édifice partiellement exhumé, — à quel successeur demander le complément d'un travail où s'est si fortement empreint le génie d'un maître? Telles ont été les questions qui se posaient devant nous.

Nous aurions accepté la première des deux alternatives, si nous nous étions senti le droit d'espérer que notre respect pour l'œuvre magistrale ne nous serait reproché par personne comme une négligence coupable , un oubli de devoirs sacrés.

La seconde nous plaçait en face d'une tentative que, pour notre compte personnel, nous eussions regardée comme une espèce de sacrilège.

Un moyen terme s'est offert, qui, s'il n'est pas approuvé de tous, ne saurait en aucun cas mériter à l'éditeur des Œuvres posthumes de Lamennais , ni le reproche d'avoir négligé sa tâche, ni celui d'avoir trop présumé des droits que le choix d'un ami semblait lui donner.

Parmi les nombreux ouvrages consultés par Lamennais, est un volume anglais sur la littérature de l'Italie depuis l'origine de la langue italienne jusqu'à la mort de Boccace*. L'auteur, M. Léonard -Francis Simpson, a essayé, lui aussi,

1. Nous traduisons littéralement le titre de ce volume, publié à Londres, en 1851, chez l'éditeur Bentley.

cxviii INTRODUCTION.

une analyse détaillée du poëme de Dante. Son travail, bien moins étendu que celui de Lamennais , embrassé d'une vue inoins haute, nourri d'une science bien moins variée, est cependant une œuvre consciencieuse et d'utile emploi.

Ainsi l'avait jugé Lamennais. Cette approbation nous est une garantie qu'en plaçant ici la portion de l'analyse anglaise qui nous conduit, pas à pas, jusqu'aux derniers chants de l'épopée italienne, nous ne commettons, envers la mémoire de notre illustre ami, aucune irrévérence que, vivant, il eût désapprouvée. Nous espérons également que M. Simpson voudra bien nous excuser de coudre ainsi , — non sans péril , mais non sans gloire pour lui, — un fragment de son livre à Y Introduction de Lamennais.

Le public enfin , juge en dernier ressort de nos intentions et de nos actes, devra comprendre et nos scrupules et

le parti qu'ils nous ont fait adopter.

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