Cours de littérat. française,t. i, p
xmii INTRODUCTION.
poisonné, dit-on, àBuonconvento,prèsdeSienne,aumoisd'aoûtl313.
Cette mort fut celle des dernières espérances de Dante. Il se mit de nouveau à errer çà et là, sans néanmoins s'éloigner beaucoup de Vérone, où, en 1320, il fit une sorte de cours public sur les deux éléments, le feu et l'eau.
L'accueil qu'il reçut à Ravenne de Guido Novello da Polenta, qui « sachant, dit Boccace, combien à de nobles âmes il est difficile « de se résoudre à demander, prévenait tous les désirs de son v hôte1 », l'arrêta dans cette ville. Guido, poëte distingué, était le père de l'infortunée Francesca de Rimini. En guerre alors avec Venise, il envoya Dante comme ambassadeur dans cette ville pour traiter de la paix. « Mais, remarque un de ses biographes2, il « semble que ce fût la destinée de Dante que chaque honneur notice veau fût pour lui le présage d'une calamité. Ses malheurs coince mencèrent avec son élection à la dignité de Prieur de Florence; « son ambassade de Rome marqua l'époque la plus désastreuse de ce sa vie ; et sa mission à Venise se termina par sa mort : car," « n'ayant pu obtenir audience du sénat de cette ville, il revint à ce Ravenne le cœur brisé, et mourut peu après », à l'âge de cinquante-six ans.
Jean Villani rapporte ainsi sa mort : ce L'an 1321, au mois de « septembre, mourut le grand et vaillant poëte Dante Alighieri de ce Florence, dans la ville de Ravenne en Romagne, après son retour ce d'une ambassade à Venise pour le service du seigneur de Ravenne, ce auprès duquel il demeurait. »
Guido Novello da Polenta lui fit faire de pompeuses obsèques. Son corps fut porté à l'église par les citoyens les plus distingués de Ravenne. Guido ordonna qu'un monument splendide serait élevé à sa mémoire. Mais la mort de Guido ayant suivi de près celle de son ami, ce dessein ne fut exécuté qu'en 1583, par Bernardo Bembo, père du cardinal, et alors préteur de Ravenne. Le tombeau, orné de plusieurs inscriptions, fut restauré en 1692 par les ordres et aux frais du cardinal Corsini, et remplacé en 1780 par un magnifique mausolée que fit construire le cardinal Luigi Valenti Gonzaga. Vainement, à diverses époques, les Florentins réclamèrent les cendres du citoyen que vivant ils avaient proscrit, du ce poëte souve-