‹ Œuvres posthumes de F. LamennaisChapitre 105 sur 165 · A Rome · texte numérisé non relu

A Rome

que vous y fussiez, et je suis très-loin de croire que ce soit une chose manquée à tout jamais. Cela me paraît si naturel, si convenable en soi, si parfaitement dans le cours du bon sens le plus simple, qu'il me paraît difiicile qu'on n'y revienne pas. C'est une affaire à ménager, de manière à être toujours là pour saisir l'occasion qui se présentera tôt ou tard. Vous avez donc près de vous le bon abbé V. Il a grand besoin de se rasseoir. Je n'ai pas vu les prospectus dont vous me parlez, mais je ne suis pas très-étonné que son nom ne se trouve pas dans l'organisation nouvelle. Il régnait un tel désordre dans son administration, qu'il a fallu des efforts infinis pour le sauver d'un éclat, et tout n'est pas encore arrangé ; il n'est pas encore à l'abri personnellement, s'il reparaissait à Paris.

Au milieu de ce désordre, plus déplorable que je ne puis vous le dire, sont venus les ennemis, sont venus les fripons. Ce qu'il a de mieux à faire, désormais, est de rester en repos ; mais le pourra-t-il? Il y a environ un an qu'il signa un traité avec M. de Vitrolles pour établir dans ses terres, près de Gap, une espèce de colonie religieuse, qui aurait cultivé, amélioré, etc. Les hommes, peu à peu, arrivent. L'abbé L. voyage pour étudier ceci, pour étudier cela, touche 5,000 fr. qui devaient être employés en achats de mulets, et qui ne l'ont point été ; puis tout d'un coup, il y a trois mois, il écrit que sa tète n'y est plus, et il part sans en dire davantage. Le fait est que le pauvre garçon a eu réellement des accès de folie. Dans le temps dont je vous parle, n'ayant pas le sou, il achète près d'Arles une terre plus de 200,000 fr., laquelle en valait à peine les deux tiers. Il écrivait à mon frère qu'il avait plus de 300,000 fr. de rente, et que ses établissements (ceux de mon frère) s'en trouveraient bien. Il écrivait au curé de Bâle de faire dire des messes pour remercier Dieu qui venait de lui envoyer un million. Il n'y a point d'extravagances, il n'y a point d'inconséquences qu'il n'ait faites,

1. L'abbé de Lowenbruck, dont l'activité fébrile et les écarts d'imagination aboutirent à une maladie mentale tout à fait caractérisée , dont il mourut quelques années plus tard.

dans cet état d'égarement d'esprit. Je vous mandr ceci , parce qu'il faut que vous sachiez tout , sans cela vous pourriez peut-être vous trouver engagés en des choses (jui vous causeraient du désagrément. Du reste, le pauvre malheureux n'est qu'à plaindre. Son zèle et ses vertus méritent une grande estime. Seulement, il s'est perdu par entêtement et par présomption, n'ayant jamais voulu écouter personne,

même le chef de la compagnie à laquelle il appartenait

( La fin de la lettre manque.)

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