Kcrite en français: pas un mot de changé
NOTES ET SOUVENIRS. \lvii
SVHonncra-t-011 — je ne le crois pas — après avoir lu ces lotlros,quc Lamennais ait voulu avoir, auprès des principaux membres de l'administration pontificale, et, par eux, auprès Pape lui-même, d'autres interprètes de ses désirs, de ses vues, de ses sollicitudes, de ses vives aspirations? Il avait connu à Paris M. le comte de Sentît, un des agents les mieux accrédités de la diplomatie autrichienne : homme d'un esprit sérieux et d'une nature mélancolique , catholique très-fervent, moins absolutiste, cependant, qu'on ne pourrait le croire dun agent de M. de Metternich, et d'un chrétien fort attaché aux RR. PP. Jésuites.
Plus que lui peut-être, sa femme et sa fille, esprits distingués, cœurs aimants et généreux, s'étaient attachées à Lamennais. Son génie seul ne les lui avait pas conquises; elles goûtaient aussi cette douce gaieté — presque enfantine — f[u'il portait dans les relations du monde, tant qu'elles lui laissaient une pleine confiance. Plus d'une fois, dans la Corresjioinlance, on trouvera des allusions « aux bons rires » de la rue du Bac. C'était là qu'habitaient les dames de Senfft pendant leur séjour à Paris. L'abbé Jean, lui aussi, rappelle, dans une de ses lettres, ces soirées si gaies, si pleines d'abandon et d'interminables causeries.
Je n'ai pas à caractériser les relations épistolaires qui s'établirent, et se maintinrent pendant bien des années, entre Lamennais et la famille de Sentft. Toutes les lettres de Lamennais sont données dans ce recueil, et un esprit attentif ne sera pas en peine pour saisir les nuances de la triple affection qui rattachait à cette famille d'élite : — ati'ection plus mêlée de respect, et un peu moins intime, quand il s'agit de l'ambassadeur ; — plus dominante et encline aux conseils, quand c'est à l'ambassadrice qu'il écrit; — plus paternelle, plus tendre, plus souriante. f[uand il reprend avec la comtesse Louise les causeries familières d'autrefois.
Je n'ai recueilli, dans les papiers laissés par Lamennais, que quelques débris des lettres de cette noble chanoinesse
XLvni NOTES ET SOUVENIRS.
autrichienne. Ils font regretter ce qui a disparu. Ce sont des conversations écrites, sans nulle prétention apparente, et dans toutes les langues qui se présentent à la mémoire de la jeune polyglotte, y compris le latin, — qu'elle avait peut-être appris en Hongrie.
Un (le ces jolis billets traite d'un sujet assez important, et le traite d'une manière assez originale pour que je n'hésite pas à le transcrire ici.
« Turin, 15 novembre 1826.
« Que votre dernière lettre nous a comblées de joie ! Oui, je sens revenir vos forces. Votre écriture, votre style le disent, nos vœux sont entendus. A la fin, ils seront comblés par votre présence. En attendant, je vous prie d'aimer le P. Grassi de tout votre cœur*. Vous ne pouvez pas vous faire une idée de la vivacité of the affectionate interest he takes in you.
« Voici ce qu'on m'écrit :
'< Le P. V****** a dû succomber dans la guerre qu'on lui a suscitée. Il a dû renoncer à sa place, mais il ne quittera pas R. Sa santé a souffert dans le dernier combat. Mais, sUl sait modérer son ardeur, le temps viendra où ses ennemis se repentii'ont de l'avoir attaqué, lui et les doctrines qu'il défend. — Cet échec était à prévoir, parce qu'il était loin de se tenir assez en garde contre des pièges qu'il n'appréciait pas à leur juste valeur, connaissant trop peu le terrain. "
« Il parait qu'il y a eu imprudence dans sa conduite, et c'est la chose dont les amis du Saint-Siège doivent se défendre le plus dans les circonstances présentes. Papa vous dira les détails, ainsi qu'au sujet de MgrMarchetti.
« Now a hint more for you. C R *. adds, in the same letter, that tlie rumour of k certain r.ARniisALSHip having been spread through R., some one presumed to advert to it, while spea/cing witli the Pope himself, ivho gare no answer whatsoever. One mentioned, afferwards, the possibility of the promotion of another who had alreadij purchased his habits, when his H" added ",• — Pu6 vender la porpora, giacchè le tignole vi ci si raetteranno forse dentro. »
1. Probablement le chapelain de l'ambassade, pour les messes dites afin d'obtenir le rétablissement de Lamennais.