‹ Œuvres posthumes de F. LamennaisChapitre 15 sur 165 · Un des héros du roman, / Promessi Sposi · texte numérisé non relu

Un des héros du roman, / Promessi Sposi

L NOTES ET SOUVENIRS

à qui je ne crois pas que j'arrive jamais à dire plus d'une phrase, quoiqu'il s'exprime avec recherche.

Pour finir gaiement cette longue et triste épitre, je vous dirai que je m'accommode bien mieux de réloquence muette, mais toute catholique, du marquis de Bassecourt, quoiqu'il dise, sans exagération :

Bibe Henry Quatre,

Bibe ce roi baillant!

Et qu'il soit revenu d'une course en Toscane, «rabi de la bille et du port do Libourne. après aboir été aux vains de Lucques boir le Duc. » Ce n'est pas un conte que je vous fais. Sa petite femme a perdu sa mère, la duchesse de Prias ; sa douleur est touchante et vraie.

Papa est fort affecté de toutes ces secousses sociales, de toutes ses peines personnelles. Il n'a personne à qui parler à cœur ouvert. Cela dévore, et sa santé s'en ressent, etc.

Au début de Tannée 1828, la comtesse demande à Lamennais ses étrennes du l*"" janvier, et ces étrennes <( c'est d'aimer un peu mieux les Jésuites et l'Autriche. » Pour l'Autriche, passe encore. En 1828, non plus tard, on aurait peut-être obtenu cette concession : quant aux Jésuites... même persécutés, même chassés, Lamennais ne put jamais les adopter, les goûter. Tel ou tel d'entre eux, à la bonne heure. Mais « la sainte milice » comme les appelle la comtesse Louise, il l'a vue à l'œuvre, mieux que personne, et il n'y a rien de commun entre ses soldats et lui. Elle lui rend, au surplus, méfiance pour méfiance, antipathie pour antipathie. Dès le début, elle a repoussé, sans bruit, cet auxiliaire indiscipliné, qu'elle n'a point créé, qu'elle ne saurait détruire, qui parle haut, dit ce qu'il j)ense, marche droit au but, se lance aux avant-gardes. Ce n'est point là « le bâton dans les mains du vieillard », c'est la vaillante épée à laquelle il faut une main d'athlète ; — on n'en fait pas ce qu'on veut, ni comme on le veut; — elle a la trempe de l'acier, elle en a l'éclat immaculé, mais non la souplesse. Comment manier, utiliser

NOTKS 1:T SOUVKMI5S. M

rcltt' arnu' coniiu'uniL'lUuilc, ce glaive sans pui^iiu'e? Cuui- Pifiil se servir de cet homme toujours droit, toujours loyal, (jui jamais ne transii^e, jamais ne se dérobe, jamais ne lli-eliit pour se redresser ensuite?

Les Jésuites donc, se méfiaient de Lamennais, qui — collectivement parlant — le leur rendait bien, et, pire fi^rief, les méprisait aussi quelque peu; gens du passé, spectres d'un autre temps, follement retranchés derrière des ruines, sans intelligence de l'avenir. Ils n'attaquaient pas ouvertement cet allié qui les gênait; ils le sapaient à Piome, à Paris, près des cardinaux, près des évèc(ues. S'il pouvait deviner leur hostilité couverte et prudente, c'était surtout à la manière dont ses disciples, ses amis, moins garantis que lui par des talents hors ligne et une grande renommée , trouvaient sur leur chemin des obstacles, des pièges, des dénonciations, des calomnies sans nombre, dont l'origine ne pouvait faire doute.

Voici, àcet égard, d'irrécusables révélations, consignées dans les lettres par lesquelles le directeur du Mhuoriol catholique rendait compte à l'ermite de La Chênaie de tout ce qu'il lui importait de savoir. Je ne cite que par extraits ces lettres un peu (Utilises.

«... L'.'ibbé Gerbet vous a fait passer les lettres du P. Brz. Voici ce que le P. ***** m'a écrit quelques jours après.

" L'article du Mémorial, relatif aux Jésuites, a fait ici * beaucoup d'impression, et l'on en espère d'heureux résultats. Le plus grand ennemi du '■ sens commun >•, le P. Rozavin, Assistant de la France, et ses adeptes, en ont été confus. Nous travaillons sans cesse avec le P. Brzozowski et avec le recteur de ce collège (probablement le Collège romain) pour faire changer le système d'enseignement chez les Jésuites, en matière de philosophie, et nous en sommes presque venus à bout. Tous allez apprendre, si le bon Dieu seconde nos efforts, un grand éclat qui aura lieu ici, et dont les conséquences s'étendront au delà des monts. Pour ce qui regarde l'ouvrage du P. Br. contre M. Clausel, je suis autorisé à vous dire que, tacito nomine, vous pouvez l'insérer en tout ou en partie dans votre excellent recueil, et vous pouvez y ajouter : par un ancien professeur de philosophie de la Compagnie de Jésus. D'un autre côté, j'aurai soin de faire imprimer ici, en latin, le même opuscule, à mes frais, pour le répandre dans la ville : car c'est un écrit qu'il faut donner plutôt que vendre. J'en ai obtenu la permission de

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