‹ Œuvres posthumes de F. LamennaisChapitre 16 sur 165 · A Homo · texte numérisé non relu

A Homo

LU NOTES ET SOUVENIRS

l'auteur. Il ne nio faut ))lus que celle ilu .Maître du Sacré Palais : c'est ce qui n'est pas facile à obtenir. » — M. '** ù Lamennais, 7 janvier 1828.

Voici les dernières nouvelles du P. *****

"< Je n'ai pas pu obtenir encore la permission de faire imprimer le livre dont je vous ai parlé dans ma dernière, et qui ferait du bien en France. — J'ai l'honneur de vous dire que les auteurs du faux decrelum du

Général des J en sont très honteu.N;, et que cette affaire aura, pour

ces messieurs, de fâcheuses conséquences. Le P. Général sera obligé de déclarer, sur les papiers publics, qu'il n'a jamais fait ce décret. C'est à cela que nous travaillons pour le présent. »

Le P. G....ot aété assez content de l'article de M. G... (Gerbet),

mais « on voit, dit-il, que l'auleur n'aime pas les .T. » Ainsi,

quand on avoue que tout ce qui a été dit contre les J i)ar

les philosophes et les .lansénistes n'est que calomnie, on ne laisse

pas d'être ennemi des J si on ose ajouter qu'ils ne sont pas

l'Église. — l.e même au même. — 9 février 1828.

...Voici un extrait d'une lettre du P. ***** qui vous fera voir que « la bêtise et l'ambition se sont embrassées ' » aussi bien à Rome qu'à Paris, pour persécuter les'gens de bien.

" Je vais vous dire quelque chose qui vous fera sans doute de la peine, mais qui pourra vous être utile ; car vous apprendrez que le bien partout se fait au prix de la persécution et de la contradiction, et que nous n'avons pas d'autres récompenses à attendre que des chagrins et des amertumes pour tout ce que nous ferons à la gloire de Dieu, à la défense de son Église.

" Vous savez, peut-être, que c'est moi qui ai pris le plus de soin de M. Deutz^ (un beau-frère de M. Drach qui vient de recevoir le baptême à Rome) ; — qu'il n'y a personne à Rome en qui il ait plus de confiance et qu'il voie plus souvent; — enfin que j'ai eu l'avantage de contribuer à sa conversion par des moyens qu'il n'est pas ici le lieu d'indiquer. Et cependant on m'a fait pas.ser pour un homme qui, avec mes fausses idées et mes principes dangereux, avait détourné M. Deutz du christianisme. On m'a, comme tel, dénoncé à la secrétairerie d'État, aux cardinaux, au pape même, à tous mes amis et ennemis, à l'Italie et à la France, à Rome et à Paris; et on est arrivé jusqu'à défendre au néophyte de mettre les pieds dans ma chambre. Heureusement, l'accusation était si bêle que personne n'y a ajouté foi; et le pape même a fait savoir à M. Deutz que c'était son plai-

1. Expressions probablement empruntées à une lettre de Lamennais.

2. Nous avons tout lieu de croire qu'il s'agit ici de ce même juif converti qui vendit, trois ans plus tard, la duchesse de Berri aux ministres du roi Louis-Philippe.

NOTES ET SOUVENIRS. un

sir qu'il communiquât avec moi. Le cardinal Cappellari m'a aussi pn^fagé, de la part do S. S.^ à lui continuer mes soins. Mais, cependant, c'est depuis douze ans mon partage, dans tout ce ([ue j"ai fait de bien, ou de ce que j'ai cru être le bien. Les louanges ont été pour les autres; le blâme, les chaf^rins ont toujours été pour moi. Cela, toutefois, ne m'empêchera pas de continuer.

« .... L'auteur do cutt(! tracasserie a été le plus grand ennemi d(! ]\I. de Lamennais, M. Ostini, et vous m'obligerez beaucoup si, par le moyen de M. Drach, vous pouvez savoir ce que M. 0.stini a écrit sur M. Deutz à l'archevêque de Paris; ce renseignement est de la plus haute importance pour moi... " — Le même ati même. — 10 mars 1828.

Ceci ne suftît-il pas pour caractériser les rapports assez inattendus qui s'étaient établis entre l'Ordre institué pour défendre la Papauté, et le prêtre (jui, certes, la défendait, à lui seul, mieux que tous les théologiens du célèbre Institut? La Correspondance, d'ailleurs, précisera mieux cette situation singulière, cette hostilité anormale.

Me voici, dans l'ordre des temps, arrivé à l'époque où j'ai, pour la première fois, vu Lamennais. Qu'on me permette donc de faire halte un moment, et d'évoquer les souvenirs de cette époque lointaine.

Comme on le verra dans les lettres en tête desquelles ces pages sont écrites, Lamennais malade, épuisé, en proie à des spasmes, à des évanouissements continuels, fut, dans le cours de l'été, en 1826, envoyé par les médecins aux bains des Pyrénées. Ceux de Saint-Sauveur avaient alors la vogue aristocratique, qu'ils ont bien perdue depuis. Ma mère m'y avait conduit pour compléter une guérison difficile et lente. C'est là qu'elle reçut, de M. de Vitrolles, une lettre qui lui recommandait son illustre ami. Je fus naturellement chargé d'aller porter à celui-ci les assurances et les otïres de services que comportait une pareille recommandation.

J'avais alors treize ans. Le nom de Lamennais était pour moi une sorte de mythe. Au petit séminaire de Bordeaux, où j'avais passé deux années, rarement je l'avais entendu prononcer; mais ce nom revenait souvent dans les lettres de

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